La création d’une zone de libre-échange continentale africaine n’est plus un luxe mais une nécessité impérieuse pour promouvoir le commerce intra-africain et renforcer l’intégration des pays du continent, ont souligné, récemment à Marrakech, les participants à une conférence spéciale des ministres africains, organisée à l’occasion de la célébration du 20ème anniversaire de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
L’émergence d’une telle zone de libre-échange est de nature à renforcer l’intégration régionale tant nécessaire pour faire face aux défis d’un marché mondial de plus en plus concurrentiel, ont-ils ajouté lors d’une plénière sous le thème “L’Afrique à l’épreuve de la globalisation”, organisée dans le cadre de cette conférence et relayée par la Map.
S’exprimant à cette occasion, la représentante résidente de la Banque africaine de développement (BAD) au Maroc, la Sénégalaise Yacine Fall, a déploré la faiblesse des flux des échanges commerciaux intra-africains, dont la part atteint à peine 11% en moyenne par rapport à l’ensemble des échanges extérieurs du continent africain, alors que l’Asie a réalisé une part de 50% et l’Amérique latine de 21%. Anicet-Georges Dologuele, ancien président de la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BDEAC) et ex-Premier ministre de Centrafrique, a souligné l’extrême importance de la création d’une zone de libre-échange continentale africaine, surtout que le continent est l’une des régions où le taux de retour sur investissement est des plus rentables dans le monde. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et des Coopératives du Gabon, Gabriel Tchango, a plaidé pour la diversification de l’économie africaine afin de la rendre capable de faire face aux nombreux défis qui guettent le continent, notamment le chômage, et de créer une dynamique africaine à même de favoriser une nouvelle réalité économique dans le continent.
Abdou Diop, directeur d’un cabinet de conseil africain, a déploré la persistance de plusieurs entraves au développement des échanges commerciaux intra-africains liées, entre autres, au transport, à la logistique, à la productivité, ainsi qu’aux systèmes inadéquats de financement du commerce. Il a appelé à développer l’industrie manufacturière à forte valeur ajoutée pour faire progresser le commerce intra-africain et à résoudre les problématiques des barrières non-tarifaires.
Selon les organisateurs, les échanges entre les Etats africains, dont la plupart sont des petits pays à ressources économiques très limitées, font de l’Afrique l’un des continents les plus fragmentés et les moins développés de la planète. Cette situation constitue un facteur de vulnérabilité économique limitant les possibilités de croissance interne des pays africains et réduisant leur poids dans les négociations commerciales internationales.
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