L’université cheikh Anta Diop de Dakar accueille ce vendredi 31 juillet 2015 le Président de la République à partir de 15 heures. Cette visite marquée du slogan « du retour du fils prodige » cristallise toutes les attentions au sein de l’espace universitaire. Le JournalUniversitaire est allé à la rencontre des acteurs qui constituent la communauté universitaire, notamment les étudiants, les enseignants et le personnel administratif pour recueillir leurs appréciations ainsi que leurs attentes par rapport à cette visite si particulière.

Le président de la république visite l’UCAD aujourd’hui, quelles appréciations en faites-vous et quelles sont vos attentes par rapport à cette visite ?

Demba Thiam étudiant en licence 3 au département de lettres modernes

« Moi ce qui me fait mal par rapport à cette visite du président, c’est le tapis neuf qu’on lui a déroulé. En effet, nous avons constaté qu’avec la venue du président tout est en train d’être renouvelé des arbres des bâtiments repeints par ici par là. Malheureusement, cette situation est déplorable, car je crois que c’est quelque chose qui devait être fait y a bien longtemps. Car les gens penseront que tout va à merveille à l’université Cheikh Anta Diop.   Donc, je pense que cela relève d’un manque de considération en vers les étudiants. Par rapport aux attentes, nous attendons du président qu’il se prononce et prenne des décisions par rapport surtout aux problèmes pédagogiques. Nous avons constaté que les inscriptions ont été augmentées sous prétexte d’améliorer les conditions de travail. Alors que, lorsque nous faisons des cours, il arrive qu’ils soient quelquefois interrompus à cause de pannes de micros, de manque d’électricité. Donc, je crois qu’il est urgent pour le président de prendre des mesures face à ces difficultés. Il s’agit aussi pour le Président de prendre des mesures concernant certaines réformes, certains manquements notés au niveau des administrations (un casse-tête pour les étudiants) etc.

M. Bassirou Bâ, professeur au département de physique de la Faculté des Sciences et Techniques

« C’est une bonne chose que le président vienne voir dans quelles conditions nous sommes à l’UCAD. Cela permettra peut-être au président de pouvoir sur place vérifier par lui-même les problèmes et peut-être apporter les solutions. Nous rencontrons, en effet, beaucoup de difficultés pour bien faire nos enseignements, car la situation ici est marquée par des effectifs pléthoriques et des conditions de travail qui sont extrêmement difficiles. Souvent lors des cours dans les amphis, on se retrouve avec 400, voire 500 étudiants dont certains s’assoient sur des briques, ce qui présente un certain danger. Il faudrait que les autorités essaient de lui monter tous ces problèmes et que le gouvernement puisse apporter vraiment les solutions adaptées pour permettre à l’université de prendre son essor. On sait que l’UCAD est une université prestigieuse de par le monde et que ses étudiants sont très bien appréciés à l’extérieur. Alors, il faudrait que l’on puisse mettre l’UCAD dans de très bonnes conditions et c’est tout ce que nous souhaitons. »

Madame Cissé, délégué de personnel à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines et par ailleurs, secrétaire au département de géographie

« J’ai une appréciation très positive par rapport à la venue du président et je suis très contente. Car le fait qu’il laisse ses occupations pour venir nous rendre visite et voir ce qui marche et ce qui ne marche pas, est une excellente chose. Et je pense que pour le développement d’un pays, il faut que l’éducation marche et nous avons beaucoup de difficultés par rapport à cet aspect. Ainsi, j’attends de cette visite une imprégnation du président de ces difficultés auxquelles  notre université est confrontée. Et j’espère du coup que les représentants de l’université telle que les doyens de faculté et les professeurs vont lui faire part de ces doléances. Et j’espère que le président va tenir compte de cela notamment dans son programme en, 2017. Pour essayer entre autres de rendre l’université plus attractive, de prendre à bras-le-corps la problématique de l’accueil des étudiants notamment, la pléthore d’étudiant face au manque criard d’infrastructure. Il s’agit également du déficit noté dans le recrutement des personnels administratifs et techniques pour l’encadrement des étudiants. Mais aussi des problèmes de fonds au niveau des facultés avec le retard notamment des votes de budget, etc.

Malick Diagne, chef du département de philosophie

« Bon pour le moment je ne peux pas faire une appréciation, j’attends juste de voir après quelles seront les retombées de cette visite. Mais en termes d’attentes, objectivement je n’attends pas grand-chose parce que cette université croule sous le poids de la massification et du manque d’infrastructures et rein n’a été fait depuis des années. Á chaque fois, on nous sort la même rengaine, le même discours à savoir les choses vont changer, mais à force d’attendre, je suis devenu sceptique. Les maux de l’UCAD tout le monde les connaît, notamment le manque criard d’infrastructures, d’amphis et de salles de cours, l’état de désastreux de l’existant, c’est-à-dire des salles des cours et amphis qui sont déjà là, en guise d’exemples des amphis tels que Boila ou Jean Capel sont souvent inondées. Et par plus tard que lundi, j’ai fait cours les pieds dans l’eau autant de choses rageantes et inadmissibles alors que l’on nous parle du contrat de performance, ce qui je considère d’ailleurs comme étant une grande farce.»