Aminata Angélique Manga vole au secours des étudiants de l’Université de Ziguinchor qui ont décidé de marcher sur Dakar et décréter une année blanche. Selon elle, «le conflit en Casamance est un naufrage, le Joola un naufrage, une année blanche serait un autre naufrage… ». Elle pense que «les revendications des étudiants sont très légitimes et vont dans le sens de construire une université digne qui tendra à respecter les standards internationaux. Mais la stratégie du Tout ou Rien c’est comme fuir le tonnerre et tomber sous la foudre».
«Il faut négocier, avancer un argumentaire voire plusieurs argumentaires solides.
La Casamance naturelle en a à revendre : les ressources et autres potentialités, l’implantation du PPDC, la zone test que nous sommes dans ce processus de l’Acte 3 de la décentralisation, une zone sur prioritaire déclarée récemment par le Chef de l’Etat, militent en faveur d’une Casamance émergente. Mais que seraient tous ces atouts sans une université forte. L’université devrait en être la locomotive et les autres secteurs les wagons qu’ensemble nous nous devons de mettre sur de bons rails», appelle-t-elle.
Elle rappelle aux étudiants de l’Université de Ziguinchor est «une jeune institution sous- régionale qui, passé l’état de balbutiement, est en train d’engranger de sérieux points avec de bons résultats qu’il ne faudrait pas compromettre par une année blanche. Une plateforme universitaire performante ne s’acquiert pas en une décennie.
Au moment où toutes les universités se sont accordées pour sauver l’année, nous ne pouvons pas briller, nous de la Casamance, par une année blanche et noircir ainsi notre palmarès avec un autre naufrage collectif».
«Le sacrifice d’aujourd’hui est un devoir de mémoire pour ces centaines d’étudiants perdus dans le naufrage du bateau le Joola dont la seule évocation, nous plonge encore dans un océan de souvenirs déchirants qui ne s’estomperont pas de sitôt pour ne pas dire à jamais et un hymne à l’excellence pour les générations futures. La sagesse d’un homme se connait par sa patience. Je vous invite à la patience. Nous avons été étudiants et n’avions pas eu la chance d’avoir une université sur place.
Que de privations et de larmes durant ces années universitaires loin des parents et de la famille originelle…..Je me rends disponible pour vous à tout instant avec d’autres bonnes volontés pour porter votre combat auprès des autorités en charge de la question et du Chef de l’Etat», dit-elle aux étudiants.
Aminata Angélique Manga demande ainsi aux chefs religieux des communautés musulmane et chrétienne, aux chefs coutumiers et à tous les bénévoles de l’Education de s’impliquer pour apaiser les cœurs de nos jeunes frères et sœurs afin de sauver l’année dans l’intérêt de la Casamance en particulier et du Sénégal en général.

SenewebNews