A l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, dans toutes les facultés, bon nombres d’étudiants se plaignent des mauvaises notes qui gâchent le décor dans leur relevé de note. Certains professeurs sont pointés du doigt car considérés comme les responsables du fait que les étudiants peinent à avoir de bonnes notes dans leurs matières.

A la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, cet étudiant désespéré en licence nous confit « c’est la troisième fois que je reprends cette Unité d’Enseignement (UE) ce qui m’empêche de décrocher ma licence ».

Il lance son cri de cœur :

« Je voudrais vraiment comprendre leur méthode, qu’est-ce qu’ils attendent réellement de nous ? Je n’ai jamais raté de cours ce qui inclus que j’apprends mes leçons et à ma grande surprise je ne vois jamais les notes que j’espère avoir. Je suis découragé et las de venir à l’UCAD et d’apprendre les mêmes leçons ».

Un autre l’appui :

« Il y a un professeur qui ne fait que bouder. Je me demande si celui-ci à des enfants parce qu’il ne manifeste aucune sympathie. Or, avec cette  session unique, il n’existe aucune issue les notes étant catastrophiques. Dans cette UE, il n’y a pas une trentaine ait réussi ; c’est quand même critique, pour preuve : les résultats sont disponibles sur le net vérifiez par vous-même ».

Du coté de la Faculté de Droit, le constat reste le même. Cette étudiante en licence dans cette Fac qui a connu des moments pénibles témoigne :

« Un jour d’examen, compte tenu  du nombre, nous étions divisés en deux groupes : le premier à l’amphi A, et le second à l’amphi B. Je devais composer dans l’amphi B et puisque je suis venue en retard et que j’avais des troubles oculaires, j’ai confondu les amphis. Alors, nous étions convoqués au bureau d’un fameux professeur : là, il nous recevait un à un et lorsque mon tour est arrivé il m’a  dit qu’il verra ce qu’il peut faire pour nous. J’ai failli tomber des nues lorsque les résultats sont sortis, parce que je ne voyais pas de notes ce qui signifiais que j’allais redoubler. Après moult tentatives et réflexions, je compte arrêter et faire une formation profession car ce genre de professeurs ne sont là que pour retarder les étudiants et j’ai eu ma dose ».

Les étudiants déplorent ce fait et attendent des explications bien fondées car quoique l’on puisse dire, les étudiants se sacrifient surtout à l’approche des examens. Ils apprennent nuit et jour, passent des nuits blanches dans le seul but d’apercevoir au moins le bout du tunnel. Ils estiment qu’un peu plus de compréhension et de flexibilité de la part des professeurs ne leur ferait que du bien.

Mais, d’un autre point de vue, il importe de s’interroger sur ce que devrait alors être le secret de ces étudiants et étudiantes qui réussissent à ces mêmes matières qui constituent une bête noire pour d’autres. En partant du constat qu’ils apprennent dans les mêmes conditions et subissent les mêmes épreuves, il est raisonnable de se demander si la “faute” incombe uniquement à ces enseignants communément appelés bourreaux d’étudiants. S’agit-il d’un vice que ces enseignants ont développé au gré d’un vilain plaisir à retenir leurs étudiants ? Sinon, s’agit-il d’un manque de volonté de la part de certains étudiants qui ne font pas rigoureusement ce qu’ils devraient faire, préférant espérer une clémence qui n’arrive jamais dans des conditions pareilles ?

Il semble évidemment difficile de trancher ces questionnements. Mais une chose au moins est sûre : tant que de pareils comportements existeront chez certains enseignants et étudiants au sein des universités sénégalaises, on devra s’attendre à de forts taux d’échec et d’exclusion de ces temples de savoir qui devraient soutenir le développement du pays.