Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine

Monsieur le Président du Conseil exécutif

Mesdames, messieurs les Ministres

Mesdames, Messieurs les Commissaires

Monsieur le représentant de la Communauté de l’Afrique de l’Est

Monsieur le Secrétaire général du CAMES

Honorables invités

C’est grâce à l’élégance et à la générosité de mon collègue M. Mankeur Ndiaye, Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, que je suis parmi vous comme modérateur de cette Séance  dédiée à « l’harmonisation des qualifications et des programmes de l’Enseignement supérieur en Afrique ». Il aurait pu le faire, j’en suis sûr, avec éclat et brio.

La mise en œuvre de l’Agenda 2063 requiert un enseignement supérieur de qualité, aligné sur les besoins de l’économie et de la société, levier de l’émergence économique du Continent, facteur d’intégration des systèmes éducatifs du préscolaire au supérieur, encourageant la mobilité des étudiants et des enseignants au sein du Continent, une maîtrise des sciences, des technologies, des techniques, des compétences et des métiers, créateur de technologies nouvelles et facilitateur de leurs appropriations, de leurs usages et transformations au bénéfice des populations, de la société, de l’économie et de la culture, mettant à disposition du Continent de nouveaux types d’entrepreneurs, de techniciens, d’ingénieurs, de manageurs, d’enseignants, de compétences avérées reconnues sur l’ensemble du Continent et à travers le Monde. Bâtir et Mobiliser les ressources humaines pour réussir l’Agenda 2063 nécessitent la construction d’un environnement régional, dans le respect de la diversité, susceptible de renforcer les activités nationales, sous régionales et de les fédérer dans une dynamique continentale.

Le Continent après avoir adopté en 1981 la Convention d’Arusha intitulée « Convention régionale sur la reconnaissance des études et des certificats, diplômes, grades et autres titres de l’enseignement supérieur dans les Etats de l’Afrique » a dans la foulée de l’élaboration de la deuxième génération de conventions régionales, procédé à la révision de celle-ci. Ainsi sous l’impulsion de l’Union africaine et de l’UNESCO, la Convention d’Addis Abeba a-t-elle été adoptée en décembre 2014. Elle  sera, sans nul doute, « un outil important d’optimisation de l’utilisation des ressources humaines en Afrique et de reconnaissance de l’Afrique comme un membre à part entière de la communauté économique mondiale » comme l’indique le « rapport préliminaire sur la possibilité d’élaborer une convention mondiale sur la reconnaissance des titres de l’enseignement supérieur » de l’UNESCO. La  Convention africaine d’Arusha était destinée à remédier à la fragmentation actuelle de l’Enseignement supérieur par l’harmonisation en impliquant la coopération régionale liée  à la reconnaissance des études et des diplômes. Ceci   a été réalisé par le  biais de mécanismes nationaux, bilatéraux, sous régionaux et régionaux qui  existent ou  sont créés à cet effet. Le principal objectif de cette convention  était de promouvoir le développement des capacités et la mobilité des étudiants et des professionnels à travers l’Afrique, tout en s’assurant que leurs qualifications, compétences et aptitudes sont reconnues de manière appropriée et transférable. La convention révisée récemment est en cours de ratification au niveau des pays.

De nombreuses initiatives sont en cours sur le continent

L’Association pour le  développement de l’éducation en Afrique (ADEA) se concentre  depuis longtemps  sur  le  renforcement du dialogue politique entre les  gouvernements et les  agences de développement à travers ses réseaux de coordination de l’enseignement supérieur.

Dans la sous région d’Afrique de l’Est, le Conseil inter-universités de l’Afrique de l’Est (IUCEA), organisation intergouvernementale créée par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda a aussi relancé des stratégies  pour l’harmonisation de ses activités d’ES.

Le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) vise  à accroître la reconnaissance mutuelle des qualifications et promouvoir la mobilité professionnelle entre ses États membres majoritairement francophones impliquant le passage à l’approche Licence-Master-Doctorat qui  a été fortement soutenue par l’Association des universités africaines (AUA) et l’ADEA).

Huit  pays de l’Association des Universités arabes (AARU) sont des pays africains. Sa  mission comprend la coordination de la création de mécanismes régionaux d’assurance qualité.

Les pays membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest  (CEDEAO) visent à promouvoir l’intégration et le  développement économique à travers le Protocole sur  l’éducation et la formation élaboré pendant la  Première décennie de l’éducation pour l’Afrique  (1997-2006), qui  a indiqué différents domaines de coopération dans l’éducation ainsi  que la  Convention générale sur  la reconnaissance et l’équivalence des titres universitaires, diplômes, certificats et autres qualifications dans les  États membres de la CEDEAO.

La  Communauté de développement de l’Afrique  australe (SADC) a proposé  de manière innovante un  premier instrument concret — les  cadres nationaux de certification—  pour  l’harmonisation, la  normalisation des  systèmes d’éducation et de formation conduisant à la  reconnaissance mutuelle des qualifications au  sein d’un  Cadre régional de certification (CRC) — qui  est un  méta-cadre — comme l’exige le Protocole de la SADC  sur  l’éducation et la formation. Le BIT nous indique que 6 pays de la SADC ont créé leur  CNC.

D’autres initiatives sont aussi en œuvre  touchant le système d’enseignement supérieur et la recherche dans sa globalité, nous pouvons citer :

Le Premier Sommet Africain sur la Revitalisation de l’Enseignement supérieur pour l’Avenir de l’Afrique tenu à Dakar en mars 2015 ;

Le Partenariat pour les Compétences en Sciences appliquées, Ingénierie et Technologie (PASET).Peaertenariat pour les compétences en sciences appliquées, ingénierie et

Les dynamiques en cours au niveau de l’Union africaine, ou au niveau sous régionales, linguistiques, nationales, etc., s’inscrivent dans une démarche d’approfondissement des principes posés par les Conventions d’Arusha et d’Addis Abeba, et même vont au-delà, certes de manière inégale, en jetant les bases d’une harmonisation des qualifications, de certains curricula de l’enseignement supérieur comme la médecine, du baccalauréat, etc.

Le choix des deux intervenants est judicieux car nous aurons l’expérience d’une organisation sous régionale la CAE et celle d’une organisation transcontinentale linguistique le CAMES qui englobe les états membres de l’UEMOA.

Un certain nombre de points seront sans doute important à aborder durant cette séance :

L’harmoniser des cadres sous régionaux et/ou linguistiques de reconnaissance, d’accréditation de titres et de diplômes,

La mise en place d’une structure continentale d’accréditation des diplômes,

Comment favoriser la mise en place de structures d’assurance qualité au niveau national, sous régional et Continental

La création des Cadre nationaux de Certification (CNC), des cadres régionaux de Certification (CNC)

Il s’agit donc de construire un système transparent, compétitif, crédible, équitable et fondé sur des valeurs d’éthique et de respect de la diversité.

Tout en vous remerciant de votre attention, je passe la parole successivement au représentant de la Communauté de l’Afrique de l’Est puis au Secrétaire général du CAMES.