”Catastrophique” tel est le qualificatif des premiers résultats du baccalauréat qui sont sortis ce samedi 25 juillet 2015 dans quelques centres d’examen à Dakar.

Le décor est partout le même, quelques cris de joie des rares admis d’office et admissibles mais la déception et les larmes d’échec sont plus visibles. Au centre Seydou Nourou Tall (LSNT), le President du jury 1135 série L2 M.Gora Seck se confie en ces termes « on n’est pas très surpris dans la mesure où on avait beaucoup de candidats individuels, et ces derniers sont en général des gens qui quittent l’école pendant un moment ou des élèves qui font le bac plus de 2 fois et qui n’ont pas le temps et l’attention nécessaire pour les études. Ce qui pourrait être une explication de ce que nous venons de voir aujourd’hui ».

18  admis d’office, 45 admissibles sur 271 candidats ayant composé et aucune mention, M.Seck pointe du doigt l’ensemble des acteurs de l’éducation « aucune mention, c’est le cœur fondu, on était étonné la dessus, responsabilité partagée, il faut tirer sur la sonnette d’alarme et aller vers des mesures concrètes et non des discours ou des concertations en vain, il faut les appliquer pour confirmer d’avantage notre place de leader au niveau de l’Afrique ». Renchérit-t-il

De l’autre côté, au jury 1136 série L2 dudit centre c’est également le chao, 12 admis d’office dont une mention Assez bien, 45 admissibles sur 266 candidats ayant composé. « C’est pas fameux, ce sont des résultats catastrophiques et surtout très inquiétants pour un pays comme le Sénégal dont le système éducatif est vraiment respecté partout dans le monde. C’est écœurant d’avoir de tels résultats au baccalauréat ». C’est par ces mots que  la Présidente dudit jury  Madame Ndiemé Sow nous a livré ses impressions.

Comme son confrère du jury 1135, Madame Ndiemé Sow décrit une responsabilité partagée entre l’Etat, le corps professoral et les élèves dans l’ampleur de cet échec « le type de recrutement de l’Etat est à revoir, maintenant n’importe qui peut être enseignant. Au niveau des enseignants aussi, il y a des choses à revoir, les grèves sont trop présentes, un manque de conscience professionnelle de part et d’autre. Les élèves sont de plus en plus jeunes et de moins en moins matures et ne considèrent plus l’école comme étant un lieu de réflexion mais plutôt un lieu où ‘’il faut aller pour aller’’. Donc c’est l’ensemble de ces facteurs qui concoure à entretenir  une plaie très profonde dans le système éducatif sénégalais».

Un élève du lycée Galandou Diouf série L2 admis d’office qui a voulu garder l’anonymat nous a fait part de ses impressions et projets à la suite de la délibération  « je suis très content aujourd’hui d’avoir eu le baccalauréat surtout dans de pareilles circonstances c’est-à-dire de rester pendant des mois sans faire cours normalement. Mais Dieu merci, on a eu un professeur en histoire et géographie qui n’a ménagé aucun effort pour notre réussite et qui ne nous a pas lâché d’une semelle. Je dis aux autres qui n’ont pas réussi, de garder espoir, de ne pas lâcher prise et de redoubler d’effort,». Et là je n’ai pas encore une idée précise de ce que je veux faire plus tard mais je pense étudier la géographie car c’est une discipline qui me plait et je m’y retrouve ».

M.Gora Seck exhorte l’ensemble des acteurs de l’éducation à revenir à la raison et à préserver l’intégrité de notre système éducatif. A cet effet, il  invite tous ces acteurs à instaurer un moratoire sur les grèves récurrentes « il faut demander des choses que l’on peut régler. Est-ce qu’on ne devrait pas réfléchir sur un accord de 5 ans sans grèves ? Un accord entre l’Etat et les syndicats d’enseignants qui interdirait toutes grèves pendant cette durée pour voir comment résoudre ces problèmes. Par ailleurs, que l’Etat respecte ses engagements, et que les élèves étudient ».

 

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