Les évaluations nationales se profilent à grandes enjambées aux lendemains de la signature du procès-verbal entre le gouvernement les syndicats d’enseignants, notamment le Grand-cadre des syndicats de l’Enseignement (Gcse) et le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen-secondaire (Cusems). Le calendrier des examens du Certificat de fin d’études élémentaire (Cfee), du Brevet de fin d’études moyen (Bfem) et le Baccalauréat a été calé respectivement le 23 juin, 22 juillet et le 30 juin 2015. Un calendrier très serré si l’on sait que les élèves sont restés presque deux mois sans faire cours.

Les mouvements de contestation du Gcse entamés depuis février sont passés par là. Le président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves et étudiants du Sénégal (Fenapes) estime que « ce serait heureux de décaler la date des examens pour donner la chance à ceux qui n’ont pas travaillé durant les deux mois ». Le Secrétaire général du syndicat des inspectrices et inspecteurs du Sénégal (Siens), Samba Diakhité abonde dans le même. Le Gcse pour sa part, prêche un décalage des examens mais sur la base des concertations.

Le Gcse pose des préalables

Le premier vice-coordonnateur du Grand Cadre des syndicats de l’enseignement (Gcse) se veut clair sur un éventuel décalage des examens : la restitution des sommes ponctionnées sur les salaires des enseignants et la consultation pour un éventuel réaménagement du calendrier. Pour Oumar Waly Zoumarou, « il faudrait non seulement que nos camarades puissent retrouver leur argent, mais également discuter sur un possible report ». Avant de mettre en garde les autorités en soulignant que « le ministère de tutelle doit promouvoir la consultation. Au cas contraire, les syndicats se démarqueront d’une position unilatérale ». « Le gouvernement doit aussi respecter les échéanciers qu’il avait donnés par rapport à la mise en œuvre des accords. A partir du 15 mai, nous attendons les résultats de l’étude du système de rémunération des agents de l’Etat », a relevé M. Zoumarou. Avant de poursuivre : « d’ici le mois de mai, nous serons à même de voir dans quelle mesure on peut accepter un réaménagement du calendrier scolaire ».

La Fenapes prône le décalage

La Fédération nationale des associations des parents d’élèves et étudiants du Sénégal (Fenapes) n’est pas en reste sur un possible décalage de la date des examens nationaux. Pour son président, Bakary Badiane, « ce serait vraiment heureux qu’on puisse décaler la date des examens pour donner la chance à ceux qui n’ont pas travaillé durant les deux mois. Ce qui aussi donnera un bonus pour ceux qui ont travaillé régulièrement ».
Il va plus loin en proposant des dates : «pourquoi pas en juillet et août. Et revoir la date de la rentrée prochaine pour faire la réparation. La Fenapes est partante ».

M. Badiane repose son argumentaire sur la base des « deux mois de retard où il va falloir terminer les programmes si on veut atteindre le quantum ». Au cas contraire, dit-il, « l’enfant va aux examens avec très peu de chances. Les élèves passent d’une classe à une autre sans avoir terminé les programmes. Ils arrivent avec des lacunes».

Une décision sage pour le Siens

Le syndicat des inspectrices et inspecteurs du Sénégal (Siens) pense qu’il serait plus « sage de décaler pour au moins une certaine période les examens ». Ce qui ne leur empêche pas de signaler que le syndicat n’a pas une position tranchée sur la question. Le secrétaire général du Siens explique : « ce sont des hypothèses qui se posent. Ce serait hasardeux de dire oui ou non pour le report. Les rythmes sont très variés. Certaines écoles ont plus ou moins bien fonctionné. En revanche, d’autres ont souffert de la grève». Et Samba Diakhité d’ajouter : «oui, le gouvernement devrait continuer à étudier cette question pour éventuellement décaler la date des examens pour prendre en charge les préoccupations des uns et des autres. Mais une solution parfaite n’existerait pas cette année ».

Eviter le syndrome de 2014

Les résultats des examens de baccalauréat (31,3%), du Brevet de fin d’étude moyennes (41,2% avec une chute à 18,4 points) et du Certificat de fin d’étude élémentaire (33%) ont été catastrophiques. Ils constituent une preuve éloquente d’un système en ballotage, à l’heure de la mise en œuvre du Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet). Malgré les assurances de Serigne Mbaye Thiam qui indique que « le seuil critique pour mettre en péril l’année scolaire est plus de 16 jours d’absence. Et 86% étaient en dessous du seuil critique et 14% seulement qui étaient au-delà du seuil critique», la question du quantum ne saurait être occultée dans l’éventuelle décalage de la date des examens.

Sud Quotidien