Le ramadan 2015 qui a débuté au Sénégal le 19 juin dernier a coïncidé avec le dernier mois de l’année académique. En effet, les élèves en plus des longues heures de cours, doivent composer de surcroît avec le jeûne. 

Si les apprenants des moyens secondaires ne sont pas tenus par les obligations du mois béni par la Charia du fait de leur âge, leurs aînés lycéens arrivant à l’âge de maturation (16 ans : âge de la maturité chez les musulmans) sont invités à respecter le jeûne. A moins d’un mois avant les examens de fin d’études en l’occurrence le Baccalauréat et le Brevet de fin d’études élémentaires (BFEEM), les élèves devront s’armer de foi, de persévérance pour réussir l’alliage entre le mois de ramadan et le calendrier scolaire.

Au lycée Keur Massar nous sommes tombés sur un groupe d’élèves installés à l’ombre d’un arbre, les cahiers à la main. La conversation tourne autour de questions-réponses sur des sujets d’Histoire-et-Géographie du programme de la Terminale. Oumar Loum témoigne : «nous sommes là depuis ce matin. On profite de la fraîcheur du lieu avec cette forte chaleur. L’occasion pour nous de réviser les cours», soutient-il. Interpellé sur l’impact du ramadan sur leurs études, il laisse entendre que «l’administration a pris ses dispositions. Les heures de cours ont été réaménagées en conséquence. A partir de midi au plus tard 14 heures, les cours s’arrêtent. Ce qui nous arrange beaucoup car on pourra se reposer. Il faut reconnaître qu’il n’est pas très évident de se concentrer très longtemps sur les cours avec le jeune. Il faut s’adapter pour concilier le ramadan et les cours, à l’image de ce qu’on fait en ce moment ».

Ibou, un *autre élève qui vient de terminer sa prière de «Tisbar» (14 heures), à côté d’un de ses camarades étalé par terre entrain de dormir, laisse entendre qu’ils auraient pu ne pas se trouver dans cette situation s’il n’y avait pas les grèves des syndicats de l’enseignement. Car selon lui les autres classes qui ne sont pas en examen finissent l’année dans quelques jours si certaines ne sont pas en vacances à l’instar des établissements privées. De son côté leur copine de classe Astou Ndiaye, habillée d’une robe décente fait savoir: «le ramadan ne doit pas nous obliger à lever le pied dans études. Car nous sommes à quelques jours du Bac. Et réviser ensemble (avec ses amis) permet d’oublier la soif, la faim et le fatigue. Si toutefois, les journées deviennent difficiles et que l’envie de roupiller nous gagne après la rupture on peut toujours rattraper le temps perdu la nuit ».

Un tour dans les salles de classes de l’établissement, à notre surprise les élèves qui de coutumes occupaient les lieux à pareille heure, n’étaient pas au rendez-vous à part quelques rares élèves qui, gagnés par la fatigue se reposent sur le table blanc, les cahiers servant de repose tête. Au fond de la classe Binetou n’était pas aussi fatiguée que son camarade et pour cause: «je ne jeune pas aujourd’hui», à la question de savoir si c’est à cause des cours, elle avise que «ce n’est pas le cas, juste par le simple fait que je ne suis pas apte aujourd’hui à observer le jeûne. C’est pourquoi suis toujours à l’école et j’en profite pour réviser. D’habitude quand je jeûnais, à cet heure je suis déjà K.O, et il m’était impossible de me concentrer».

Pour sa part Ali Sèye, élève en terminale rencontré aux alentours du marché Keur Massar non loin de son établissement privé «Excellence», trouve agréable le fait que le Bac soit juste après le ramadan. «C’est très bien que les examens ne coïncident pas avec la période du jeûne car les épreuves sont de longues durées et avec le stress, je ne pense pas que jeûner soit une excellente idée, même si certains y arriveraient», assure-t-il.

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