Le Sénégal compte 12 873 601 d’habitants en 2013. Pour la première fois dans l’histoire du recensement au Sénégal, les données préliminaires sont disponibles dans un temps record de trois mois. Cette rapidité dans le traitement des données a été rendue possible grâce à l’utilisation des ordinateurs de poches (PDA) obtenus auprès du Brésil, avec l’appui de l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population.

La coopération Sud-Sud entre l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) et son homologue du Brésil, facilitée par l’UNFPA, a permis au Sénégal de bénéficier d’un prêt de 20 200 PDA et d’économiser 10 millions de dollars US pour mener son 4ème Recensement Général de la Population, de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Elevage (RGPHAE). Le coût de ce recensement est évalué à plus de 29 millions de dollars US ( 13 827 150 297 F CFA).

L’ANSD a publié les résultats provisoires le 28 mars 2014 après traitement des données collectées lors de la phase de dénombrement qui s’est déroulée du 20 novembre au 10 décembre 2013. Les principaux enseignements peuvent se résumer en quelques chiffres clés.

La croissance démographique reste stable

Le Sénégal compte 12 873 601 d’habitants en 2013  contre 9 858 482 en 2002, soit une croissance démographique de 2,5% par an. On note que le taux de croissance intercensitaire est resté stable puisqu’il était de 2,5% entre le 2ème recensement en 1988 et le 3ème en 2002.

La structure par âge et par sexe révèle une très légère supériorité des femmes (soit 50,1%) par rapport aux hommes (49,9%).

Une population majoritairement jeune

La moitié de la population est âgée de moins de 18 ans (17 ans chez les hommes contre 19 ans chez les femmes). En outre, les moins de 20 ans représentent 52,7%. Les enfants âgés de moins de 15 ans constituent 42,1% de la population globale. Par ailleurs, 3,5% de la population a 65 ans et plus.

Cela veut dire que le coefficient de dépendance démographique est élevé. Il correspond à 84 personnes inactives (moins de 15 ans et 65 ans et plus) pour 100 personnes actives (15 à 64 ans).

La population électorale, celle âgée de 18 ans ou plus est de 51,4%. Elle est plus importante chez les femmes (53,0%) que chez les hommes (49,7%).

Forte concentration de la population dans la capitale

La répartition de la population sur le territoire national montre des inégalités très importantes. Elle est concentrée à l’Ouest du pays (Dakar et Thiès) et au Centre (Diourbel et Kaolack), tandis que l’Est (Tambacounda et Kédougou) et le Nord (Matam) sont faiblement peuplés. La densité de la population est passée de 50 habitants au km² en 2002, à 65 habitants en 2013.

La région de Dakar occupe de loin la première place avec 2 956 023 habitants ; la densité y est de 5 404 habitants au km². Près du quart de la population totale (23%) réside à Dakar sur une superficie représentant seulement 0,3% du territoire national. Par contre, la région de Tambacounda, la plus vaste du pays avec 21,5% de la superficie du pays, n’abrite que 5,0% de la population, avec une densité de 15 habitants au km².

Une population plus rurale qu’urbaine

La population du Sénégal en 2013 est plus rurale (55%) qu’urbaine (45%) avec toutefois des disparités régionales. La région de Dakar avec un taux d’urbanisation de 96%, regroupe presque la moitié de la population urbaine du pays (49%). Elle est suivie de loin par la région  de Thiès avec 49% de taux d’urbanisation, représentant 14% de la population urbaine. Les trois régions de Diourbel, Fatick et Kaffrine sont les moins urbanisées avec un taux de 16% chacune.

La répartition par catégorie de ménages indique que 49,5% des ménages sont agricoles et 50,5% non agricoles. Parmi ces ménages agricoles, l’essentiel se livre à la culture pluviale (60,7%) et à l’élevage (60,1%).

Encadré: Grâce à l’appui de l’UNFPA, le Sénégal réussit un recensement sans papier

Le Conseiller Technique du Ministre du Plan (en bleu) remet à l’Ambassadeur du Brésil au Sénégal les PDAs utilisés lors du recensement, en présence du Représentant Résident adjoint de l’UNFPA (derrière le Conseiller technique) Photo: ANSD

Relever le défi technologique, c’était le pari ambitieux du Sénégal. En optant pour l’introduction des ordinateurs de poche dans le 4e quatrième Recensement Général de la Population, de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Elevage (RGPHAE) de son histoire, le Sénégal a fait un grand saut dans l’ère du numérique.

Cette prouesse a été réalisée grâce à la Coopération Sud Sud avec le Brésil et le Cap Vert. En effet, les ordinateurs de poche résultent du partenariat fructueux entre d’une part, l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) et l’Institut Brésilien de Géographie et Cartographie (IBGE), et, d’autre part, entre l’ANSD et l’Institut national de la statistique du Cap-Vert.

Cette coopération a été facilitée par les bureaux de l’UNFPA au Sénégal et au Brésil qui ont accompagné tout le processus de négociation, de préparation et d’acheminement des 20 200 ordinateurs de poche (PDA) au Sénégal et fourni toute l’assistance technique et financière nécessaire. Cette expérience inspire la Côte d’Ivoire qui bénéficie à son tour des ordinateurs de poche utilisés par le Sénégal lors du recensement et prêtés par le Brésil.

En plus d’avoir financé le transport des ordinateurs de poche à l’aller comme au retour et leur assurance, l’UNFPA Sénégal a mis à la disposition de l’ANSD un expert national pour renforcer les capacités de la structure durant tout le processus du RGPHAE.

A travers des rencontres sur le plan national et international, bon nombre de cadres de l’ANSD ont bénéficié du financement de l’UNFPA pour améliorer leur capacité en collecte, traitement et analyse des données de recensement. Pour la logistique, neuf (9) véhicules de terrain (pickups) et quarante (40) ordinateurs ont été acquis par l’UNFPA pour appuyer l’ANSD dans les phases de collecte et d’analyse des données.

Ndeye Niang Diop, Chargée de Communication de l’UNFPA-Sénégal

wcaro.unfpa.org

 

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