Transgressant une règle religieuse, Harman Singh a retiré son turban pour mettre fin à l’hémoragie d’un enfant de 6 ans, renversé par une voiture. Son geste est salué, depuis vendredi, sur tous les réseaux sociaux.

«Respect», «Un homme bien», «Bravo, la vie est la chose la plus préciseuse sur terre!». Depuis ce week-end, des centaines de messages saluent le beau geste d’Harman Singh, un étudiant néo-zélandais. De confession sikh, le jeune homme de 22 ans a pris la décision de retirer son turban – action prescrite par sa religion -, pour venir en aide à Daejon Pahia, percuté par une voiture vendredi matin à Auckland. «Je n’ai fait que mon devoir en tant que citoyen.», assure-t-il humblement au New Zealand Herald .«N’importe qui aurait pris la même décision.»

Alors qu’il se rend en cours, Harman Singh est témoin d’un accident. Un enfant de 6 ans, lui aussi sur le chemin de l’école, est violement projeté sur le sol par un véhicule. «J’ai vu ce garçon allongé sur la route, avec beaucoup de sang provenant de l’arrière de sa tête», se rappelle-t-il. «J’ai craint le pire, sa mère était sous le choc». Après quelques secondes d’hésitations, l’étudiant en commerce défait son turban et l’utilise pour mettre fin à l’hémoragie. Les secours arrivent finalement, la vie du garçon est sauve. «Malgré de multiples blessures», celui-ci se trouvait dans un «état stable» lundi, selon un porte parole de l’hôpital Starship Children’s Health.

Pour la petite histoire, Harman Singh n’aurait jamais dû, ce jour-là, croiser la route du jeune garçon. «Je devais normalement être au travail», raconte-t-il au quotidien néo-zélandais. Assurant, à côté des études, des livraisons pour les boulangeries, le jeune homme avait «échangé ses horaires avec un collègue», la veille. «Il y a un peu de chance dans toute cette histoire», reconnaît-il.

De la chance, mais aussi du courage ; le turban étant l’un des cinq attributs que doit obligatoirement porter un homme de confession sikh, sans jamais s’en défaire. Dans une interview accordée à Rue89 il y a quelques années, Mann Shingara Singh, président de l’ONG United Sikhs, assurait qu’ «enlever son turban pour un sikh est comme renoncer au principe de laïcité pour un Français républicain».

LE FIGARO