Pousser les décideurs politiques à s’approprier les 3 piliers de la RSE pour en être les garants lors du vote de certaines lois comme le code minier est à l’origine d’un atelier organisé par Enda Lead Afrique Francophone. Son Directeur général Moussa Mbaye Guéye en a fait la révélation en marge des discussions.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à organiser cet atelier ?

Les raisons de cet atelier participatif sur la RSE avec les décideurs politiques, sont à rechercher dans notre volonté d’avancer avec eux sur tout ce qui est législation des exploitations minières.

Cette question est-elle d’actualité pour le Sénégal qui commence juste à percevoir les dividendes des exploitations minières ?

Le Sénégal est un pays jeune en matière d’exploitation minière. Mais cela n’empêche qu’il faille l’accompagner dans sa croissance à travers les ressources humaines qui œuvrent dans ce domaine même si elles sont nombreuses. Les questions minières sont complexes et nombreuses et une bonne information sur les meilleures pratiques ne serait pas de refus pour nos élus. C’est dans cette optique qu’il faut comprendre cet atelier. Si ceux qu’on appelle décideurs politiques qui sont des députés ou des sénateurs des maires peuvent avoir un bon niveau de connaissance des bonnes pratiques minières, ils pourront influencer à leur tour les politiques à l’échelle nationale pour que le Sénégal tire au maximum profit de ses ressources minières. Les interventions de l’Etat seront plus efficaces et les communautés touchées verront leurs intérêts mieux défendus. On croit en cette forme de conscientisation et cet atelier entre dans cette optique.

Par rapport au vote du prochain code, ce type d’atelier peut-il permettre aux élus de mieux défendre les intérêts des Sénégalais ?

Vous touchez là le cœur de l’objectif de l’atelier. L’éveil des consciences passe une prise en compte des enjeux de la législation. Ainsi, en ayant les bons outils de prise de décision ces décideurs pourront avoir avec un impact sur le vote du prochain code minier. Cela fait partie des conclusions et recommandations de l’atelier. Car si on se met d’accord sur la meilleure façon de défendre les intérêts de la population, tout le monde y gagne. Dans cette perspective, la RSE est utilisée comme une démarche, pour accompagner le programme. Comme un outil de médiation social pour apaiser les tensions sociales dans les zones minières. Mais aussi comme un levier pour permettre le développement local. C’est sur ces trois piliers-là sur lesquels nous essayons de nous mouvoir pour faire de telle sorte que la RSE soit une démarche, un outil et un levier indépendamment des contextes particuliers de chaque zone. Nous, on essaie d’accompagner tout le monde.

Quand est-ce qu’on pourra dire qu’au Sénégal, il y a une démarche RSE claire ?

La bonne démarche RSE, la bonne pratique RSE au Sénégal est une chose à construire et à construire ensemble. Ce sont les communautés, les organisations communautaires de base, c’est la société civile, c’est le secteur privé, le Parlement, c’est l’État. Pour faire court, il y a un besoin d’y aller ensemble pour qu’à tout moment, chacune de ces parties prenantes puisse lever la voix et bien le faire.

 

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