L’Université  Cheikh Anta Diop de Dakar a renoué, aujourd’hui, avec les mouvements d’humeur. La cause est que les étudiants du pavillon A sont réveillés par les agents du COUD qui étaient venus déloger ceux qui avaient déposé des tentes dans les couloirs du pavillon. Pour rappel, les couloirs du pavillon A de l’université sont depuis quelques années occupés par certains étudiants qui ne  bénéficient pas d’une « codification ». La nouveauté, selon l’avis du chef de département de la gestion des cités universitaires et de la vie estudiantine, c’est « l’implantation des tentes dans les couloirs, ce qui peut empêcher aux nettoyeurs de faire leur travail pouvant occasionner des problèmes d’hygiène ». M. Diagne renchérit sur le fait que cette situation s’explique par « le déséquilibre qui existe entre la capacité d’accueil du COUD estimée à 3851 lits face à la demande. »

Les étudiants très remontés par l’action du COUD ont tenu à exprimer leur désarroi. En effet, des groupes formés çà et là autour de la direction du COUD se défendent sur le fait que les problèmes d’hygiène ne datent pas d’aujourd’hui. Cela ne s’explique pas par l’implantation des tentes. Par ailleurs, ils accusent certains agents du service COUD « d’attribuer des lits à des non-ayants droits », pis encore allègue cet étudiant inscrit en premier année en physique-chimie, « ces agents vendent des lits à 300 000 F CFA, l’unité ». Par ailleurs, M. Diagne, lui, invite les étudiants à leur apporter les preuves de ces pratiques. Il affirme à ce titre que le directeur du COUD avait mis en garde son service à l’entame des codifications. Dans ce même sillage, il prend l’engagement suite à une instruction du directeur de COUD « d’amener les personnes qui s’adonneraient à des pratiques illicites au niveau du commissariat du point E »

D’un autre côté, l’étudiant en Licence 1 poursuit sur le fait que « parmi ces étudiants qui logent dans les tentes, se trouvent des majors de leur promotion ». La cause de leur délogement est à lier selon l’avis des étudiants à la venue du Président de la République au sein de l’université. En effet,  cet étudiant en Master 1 au département d’allemand, explique, « c’est la venue du Président qui explique que le service nous déloge, mais nous n’avons pas d’autres lieux où nous loger ».  Il précise en ces termes : « ils ne veulent pas que le Président voie les conditions dans lesquelles nous étudions »

Au terme, la situation a connu un dénouement heureux. En effet, avant même la tenue de leur « point de rassemblement », le service COUD a pris la décision de restituer aux étudiants leur lit et leur tente. A cet effet, c’est aux coups de 11 H 30 mn qu’un pick-up s’est dirigé vers le pavillon avant de se garer devant la porte. A l’arrière, sur le plateau étaient visibles les matelas et tentes des étudiants. La note positive a salué est que le mouvement d’humeur n’a pas empêché le déroulement des cours dans les amphithéâtres. Par ailleurs, Toutes les parties prenantes, les étudiants, M. Khalifa Diagne, chef de département de la gestion des cités universitaires et de la vie estudiantine, appellent à la discussion, surtout en ces périodes d’examens où la concentration est de mise.