La pomme dont Apple tire son nom est littéralement tombée d’un arbre sous les yeux de Steve Jobs. Il y a vu le symbole de ce que doit être un ordinateur : simple et accessible. Lorsque, à 21 ans, il fonda son partenariat avec Steve Wozniak, il cherchait encore les lumières de la spiritualité à plus de 1 000 km du modeste domicile de ses parents à Los Altos, en Californie. Même s’il avait abandonné ses études à l’université de Reed, dans l’Oregon, il revenait régulièrement dans cet Etat pour échanger des idées avec les membres d’une communauté influencée par l’esprit zen. Il s’agissait de la All-One Farm, où on cultivait… la pomme. […]

Il est probable qu’on y méditait beaucoup, peut-être à l’aide de quelques « herbes ». Après tout, c’était les années 1970 ! Quoi qu’il en soit, il est certain que cette expérience, loin de la Silicon Valley où tout tournait autour de la technologie, fut une étincelle de plus stimulant l’esprit créatif du jeune Steve. Lors d’un de ses séjours à la ferme, il eut une idée apparemment anodine. C’était une innovation avec un petit « i », mais les spécialistes de l’identification des marques pourraient en prendre de la graine.

Pour fonder leur société, Jobs et Wozniak avaient 1 000 dollars en poche, somme nécessaire pour construire des circuits imprimés prêts à l’emploi. Woz avait vendu sa chère calculatrice HP 65 pour 500 dollars. Pour quelques centaines de dollars de plus, Jobs s’était séparé de sa fourgonnette Volkswagen, à laquelle il tenait tout autant. Avec ce modeste pécule, leur « boîte » était montée. Il restait à la baptiser. « Je ramenais Steve de l’aéroport, se souvient Woz. Il rentrait de l’Oregon, où il disait avoir séjourné au milieu des pommiers. En fait, c’était une sorte de communauté. C’est alors qu’il a proposé un nom : Apple Computer. Nous avons cherché quelque chose qui sonne plus technique, mais nous n’avons rien trouvé de satisfaisant. Apple était tellement mieux que tout ce qui nous venait à l’esprit. Ce devait être Apple et ce fut donc Apple. »

Créer, c’est savoir relier les choses entre elles

En quoi les innovateurs [comme Steve Jobs, ndlr] sont-ils différents ? […] Des chercheurs de Harvard ont mené pendant six ans une enquête particulièrement approfondie sur ce sujet auprès de 3 000 dirigeants d’entreprise. Les conclusions de leur étude sont intéressantes, mais ils auraient pu gagner beaucoup de temps en se contentant d’interroger Steve Jobs. Selon ces spécialistes, la principale qualité des innovateurs est leur capacité d’ »association » : mieux que quiconque, ils établissent un lien pertinent entre des idées, des questions ou des problèmes qui concernent des domaines différents. « Plus notre expérience et notre savoir sont diversifiés, plus notre cerveau est apte à créer des connexions. L’apport d’éléments nouveaux suscite de nouvelles associations, dont certaines engendrent des idées innovantes. »

L’enquête de Harvard confirme ce que Jobs disait à un journaliste quinze ans plus tôt : « Créer, c’est relier des choses entre elles, c’est tout. » Les chercheurs l’expriment ainsi : « Lorsqu’on demande à un sujet créatif comment il a fait telle chose, il se sent un peu coupable parce qu’il ne l’a pas vraiment faite. Il a juste perçu quelque chose, qui est devenu évident ensuite. Cela s’explique par le fait qu’il est capable d’établir un rapport entre différentes expériences et de les synthétiser en un résultat nouveau. Et s’il y parvient, c’est soit parce qu’il a vécu davantage d’expériences que d’autres personnes, soit parce qu’il y a réfléchi de manière plus approfondie. […] »

Bien sûr, nous ne saurons jamais si les neurones et synapses de Jobs s’activent différemment de ceux d’un cerveau moyen. Mais les scientifiques s’accordent sur un point : si les idées fusent autant chez lui, c’est parce que « toute sa vie, il a exploré des choses nouvelles et sans rapport les unes avec les autres : l’art de la calligraphie, les méthodes de méditation dans un ashram en Inde, ou les remarquables finitions d’une Mercedes-Benz ».

Robots ménagers, cuiseurs à riz et ordinateurs à aimants

Un robot ménager Cuisinart n’a pas grand-chose à voir avec un micro-ordinateur, mis à part que c’est un appareil destiné à faciliter le quotidien. Pour le reste, ces deux objets remplissent des fonctions complètement différentes. Mais quelqu’un qui a le mode de pensée d’un Steve Jobs trouve l’inspiration partout, même dans un grand magasin.

Source: Techbiz