Aller au contenu
L’actualité des universités et des écoles de formation
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : 34 ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS DÉCLARÉS NON RECONNUS PAR L’ÉTAT

Le SAES réclame une réforme de la gouvernance universitaire

Réuni à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a dressé un bilan préoccupant de la rentrée universitaire. Le syndicat met en cause les capacités d’accueil, les recrutements et plusieurs chantiers réglementaires, tout en envisageant un préavis de grève lié notamment à l’évaluation des enseignants-chercheurs par le CAMES.

Des règles de gouvernance toujours attendues

Le SAES affirme que plusieurs chantiers réglementaires concernant la gouvernance et le financement de la recherche, la gestion des universités ainsi que la retraite des enseignants-chercheurs étrangers sont à l’arrêt. Il demande que ces dossiers avancent, sans que les éléments disponibles précisent le calendrier envisagé par les autorités.

Ces textes touchent au fonctionnement quotidien des établissements : ils déterminent les règles de gestion, les responsabilités institutionnelles et les conditions dans lesquelles les universités organisent leurs activités. Le syndicat les inscrit parmi les sujets à traiter, au même titre que les difficultés de recrutement et les ressources disponibles.

Accueil des étudiants et moyens des universités

À la rentrée, le syndicat reproche au ministère de tutelle d’imposer, selon lui, des quotas de nouveaux bacheliers supérieurs aux capacités réelles des campus. Il affirme également que la Commission nationale d’orientation des bacheliers n’a pas été convoquée et dénonce un manquement aux procédures en vigueur.

Le SAES signale aussi le sous-dimensionnement des infrastructures pédagogiques et sociales, dont la livraison aurait été annoncée puis reportée à plusieurs reprises. Il relie ces difficultés à la hausse des besoins d’accueil dans les universités publiques.

Sur le plan financier, le syndicat critique des budgets qu’il qualifie de « non sincères » et auxquels il impute le non-reversement de cotisations sociales et de retenues fiscales. Cette appréciation est celle du SAES. Les éléments rapportés ne fournissent pas de réponse des autorités sur ces accusations.

Recrutements et encadrement en question

Le syndicat déplore le gel de la deuxième vague de 500 enseignants-chercheurs, qu’il présente comme une étape d’un engagement gouvernemental portant sur 1 500 postes en trois ans. Il affirme également que les vacataires représenteraient près de 70 % du personnel d’enseignement et de recherche, et que leurs taux de rémunération n’auraient pas été revalorisés depuis la dévaluation du franc CFA.

La contestation des critères du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) s’ajoute à ces préoccupations. Le SAES demande au gouvernement d’œuvrer à la révision du guide d’évaluation 2024-2028, conformément à l’engagement qu’il rattache au protocole d’accord signé le 6 janvier 2023. Il critique notamment le nombre d’articles et de thèses exigés, ainsi que la part de publications pour lesquelles les candidats doivent être premiers auteurs.

Le syndicat estime que ces règles privilégient la quantité au détriment de la qualité et peuvent freiner la recherche collective et pluridisciplinaire. Il conteste aussi la non-reconnaissance, pour l’évaluation, de certains diplômes délivrés au Sénégal avant 2012. Ces positions sont celles du SAES ; les éléments disponibles ne font pas état d’une réponse du CAMES ou du gouvernement.

Le syndicat s’inquiète enfin d’une exigence de publications dans des revues indexées annoncée à partir de 2027 pour plusieurs domaines, dont les lettres et sciences humaines, les sciences juridiques et politiques ainsi que les sciences économiques et de gestion. Il avance que 45 % du corps professoral partirait à la retraite d’ici à 2035 et redoute une réduction des capacités d’encadrement. Ces chiffres et risques sont présentés par le SAES.

Une décision sur la mobilisation attendue

Le SAES envisage de déposer un préavis de grève pour réclamer une réforme du CAMES et la mise en place de listes nationales indépendantes. La Conférence nationale de ses sections, prévue le 7 novembre à Ziguinchor, doit examiner le dossier et arrêter les orientations ainsi que les actions à mener. La décision de la conférence reste donc déterminante pour la suite de la mobilisation.

Références : rts.sn · enqueteplus.com