« J’ai aimé jusqu’à atteindre la folie, ce que certains appellent folie, ce qui pour moi est la seule façon d’aimer » ; cette citation d’Aghaton semble à elle seule résumer tout ce rapport.

En effet, le besoin de certains êtres s’avère parfois dépasser le raisonnable en terme de satisfaction car, Puissance insoupçonnée mais incommensurable, de même nature que la foi qui déplace les montagnes, exaltation de soi, sublimation de l’autre, anesthésique inégalé, ivresse décuplée, animent beaucoup parmi nous et l’on comprend pourquoi tant de gens en sont obsédés…

Cette folie incarnée dans l’amour dépasse même l’être concerné et la mène vers des tendances autistiques et très anxieuses et parfois même on se perd dans ce monde complètement hallucinant et délirant à l’image de Victor Hugo. En effet, le Père du Romantisme français va, à la perte de sa tendre et angélique fille Léopoldine, sombré dans une démesure totale et dans un déséquilibre atroce. Malmené, dominé, par ses sentiments à l’endroit de la fille chère et chérie, HUGO ira même jusqu’à tenir des propos blasphématoires :

« Comment as-tu pu croire Seigneur que je préférerai sous les cieux l’effrayant rayon de ta gloire aux douces lueurs de ses yeux ».

On le voit donc. L’amour poussé à l’extrême, on veut dire jusqu’à la folie, dénature l’être lui-même car, s’il y a une vertu cardinale chez Victor Hugo, c’est son respect du culte, de la religion et enfin de DIEU lui-même. Mais parfois, lorsque l’amour d’un objet devient exclusif, voire excessif ou pervers, on parle de fétichisme ou d’idolâtrie.

On comprend donc que même avec une faculté de dédoublement hors du commun que, lors que l’amour s’invite à la folie, c’est la perdition totale de l’être et l’on devient pathologiquement incapable de contrôler nos sentiments et affects ; chose qui semble dérangée chez Platon qui veut une domination de la partie raisonnante chez l’homme.