L’essentiel

  • L’université de Garissa, une ville kényane située à quelque 150 km de la frontière somalienne accueille environ 800 étudiants.
  • Le commando fait partie des Chabab, un groupe islamiste somalien lié à Al-Qaida. Un porte-parole des Chabab a justifié l’attaque par le fait que « le Kenya est en guerre avec la Somalie (…) ».
Des policiers kényans s'abritent à proximité de l'université de Garissa, le 2 avril.

Au moins cent quarante-sept personnes ont été tuées et soixante-dix neuf blessées jeudi 2 avril, dans l’attaque du campus de l’université de Garissa par un groupe d’hommes armés et cagoulés se revendiquant des islamistes somaliens Chabab. L’assaut des forces de sécurité kényanes a pris fin dans la soirée, près de seize heures après le début de l’attaque.

« Les quatre terroristes ont été tués », a annoncé dans la soirée le Centre national de gestion des catastrophes (NDOC). Quelques heures plus tôt, le ministre de l’intérieur était resté prudent sur le nombre d’attaquants, craignant que certains soient encore cachés sur le campus.

D’après la police, les assaillants avaient fait irruption dans l’université vers 5 heures 30 (6 h 30 à Paris), alors que des étudiants se rendaient à l’église pour la messe du matin. « Les assaillants ont d’abord tué deux gardes placés à l’entrée du campus (…) avant de tirer sans discrimination une fois à l’intérieur de l’université », a détaillé la police.

Les autorités font également état de nombreux blessés. Des évacuations par hélicoptère ont eu lieu dans l’après-midi. L’organisation non gouvernementale Médecins sans frontières avait annoncé avoir dépêché une équipe de neuf personnes sur place et du matériel pour prendre en charge cent cinquante blessés.

Otages « chrétiens »

Les Chabab, militants islamistes somaliens liés à Al-Qaida, ont revendiqué l’attaque. Dans la journée, la Croix-Rouge kényane avait fait état d’un « nombre indéterminé d’étudiants pris en otage ». D’après un porte-parole du groupe contacté par téléphone, les attaquants avaient relâché les musulmans pour retenir les « autres (chrétiens) ».

Dans son appel, le porte-parole des Chabab a également justifié l’attaque par le fait que « le Kenya est en guerre avec la Somalie (…) ». Depuis 2011, Nairobi a envoyé des troupes combattre les Chabab dans le Sud somalien. Les insurgés n’ont depuis cessé de le menacer de représailles et sont déjà passés à l’action à plusieurs reprises.

Au moins 15 personnes ont été tuées à l'université de Garissa, au nord de la capitale, Nairobi. Ici des étudiants rassemblés à proximité du campus à la suite de l'assaut.

La ville de Garissa, qui abrite une base militaire, avait déjà été le théâtre de violences. En 2012, seize personnes avaient été tuées dans des attaques coordonnées de deux églises de la ville. En septembre 2013, le mouvement avait aussi revendiqué la prise d’otages qui avait fait soixante-sept morts au centre commercial Westgate de Nairobi.

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Carte des attaques des Chabab en Somalie et au Kenya entre 1997 et 2014 (Source : Réseaux d’information régionaux intégrés)

lemonde.fr