L’extraction du sable marin n’est pas un phénomène nouveau. Elle est une pratique courante. Cette pratique a été depuis longtemps remise en cause dans le monde entier pour son influence sur l’évolution régressive des côtes.

Au Sénégal, l’extraction du sable de plage est interdite. Seuls les prélèvements au niveau des carrières légales comme Malika, sont autorisés. Mais, les dispositions de l’Etat sont peu efficaces et très peu respectées. Conséquence, les carrières anarchiques de prélèvement de sable marin se développent partout sur la côte.

Dans la presqu’île du Cap-vert, particulièrement sur les plages de Yoff, Cambérène, Guédiawaye…. le cordon sableux est quotidiennement pris d’assaut par les « voleurs de sable ». En réalité, c’est un spectacle surprenant, un groupe de charrettes qui passe et repasse pour prendre du sable sur le littoral alors que ces lieux sont des zones classées où l’exploitation de sable pour la construction est prohibée. Ce sable, qui est qualifié par les experts comme étant d’une bonne qualité, est vendu à 3 500 FCfa la charrette et les charretiers peuvent avoir jusqu’à 15 charrettes par jour. Ce qui leur fait un gain journalier de plus de 50 000 FCFA.

Toutefois, ils ne comprennent pas qu’ils mettent en danger les maisons environnantes car le retrait de sable progressif permet à la mer d’avancer plus rapidement. Même si les habitants font de leur mieux pour les conscientiser des dangers de l’érosion côtière, ces charretiers ne sont pas prêts à comprendre car disent-ils souvent que la plage sur le domaine public appartient à tout le monde.

Du fait des dommages causés à l’environnement par le prélèvement du sable marin, des politiques de protection ou de conservation et de gestion rationnelle des ressources de plages ont été initiées par l’Etat, comme la mise en place d’une brigade de défense de l’environnement qui a pour but de surveiller le littoral. Toutefois, le constat est aujourd’hui clairement établi : l’extraction de sable de plage a rendu les plages impraticables. Certaines activités, comme la nage, ne peuvent plus être pratiquées dans certains endroits. L’implantation des établissements touristiques s’avère difficile voire impossible. Or, si une protection plus optimale n’est pas appliquée d’urgence, ce sont les sportifs eux-mêmes qui risquent de ne plus disposer d’une plage pour s’entraîner.

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