Le fléau de la salinisation des terres ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte au début de l’ère quaternaire, au cours de laquelle les eaux salées se sont infiltrées dans le bassin. Les sécheresses, de par leurs récurrences, ont fait baisser le niveau des eaux souterraines, créant un paysage lunaire de tann (zones affectées) dénudées et impropres à l’agriculture. Ce fut alors le début des malheurs qui plongeront progressivement tout une population rurale dans l’insécurité alimentaire au fur et à mesure que la mer léchait les terres.

Un tel phénomène touche pratiquement beaucoup de zones au Sénégal comme la commune rurale de Darou Khoudoss dans la région de Thiès mais aussi certaines communes rurales de la région de Fatick, de Kaolack et de Casamance. De ce fait, beaucoup de paysans désespérés ont jugé utile de se reconvertir dans le travail du sel, délaissant ainsi les travaux agricoles. Mais c’était sans compter avec l’appui des organisations non gouvernementales comme le Projet de Gestion et Restauration des Terres dégradées du Bassin Arachidier (PROGERT), le Projet d’appui au développement rural en Casamance (PADERCA) et le Projet de Gestion Intégrée des Ecosystèmes dans quatre paysages représentatifs du. Sénégal (PGIES) mais aussi de l’Etat. En effet, ces derniers ont démontré que les terres étaient bien récupérables et de plusieurs manières.

D’abord, on peut épandre sur le sol un mélange de compost amélioré et de phosphogypse. Et cela entraine le retour de la végétation herbacée, mais aussi l’apparition de nouvelles autres espèces très appréciées par le bétail.

Ensuite, l’autre méthode consiste à construire des digues anti-sel. Mais sur ce point, il convient de prévoir des aménagements secondaires car une digue anti-sel n’est pas une fin en soi.

Enfin, le troisième aspect consiste à mettre en place des méthodes agronomiques et sylvopastorales de restauration dans les zones concernées et cela consiste à adopter des cultures pour lesquelles on utilise des coques d’arachide riches en ion de calcium et à même de favoriser l’infiltration dans le sol.

Tout compte fait, beaucoup d’études montrent que ces terres en question sont maintenant cultivables avec de très bons rendements. Il semble d’ailleurs que ce que l’on tire des terres récupérées est plus consistant que l’argent gagné grâce à la production de sel.