Qui est Monsieur Faye ?

 Sur le plan pédagogique, je suis enseignant-chercheur dans la Section de Communication de l’UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication (UFR CRAC) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Sur le plan administratif, je suis le Directeur de l’UFR depuis 2013. Antérieurement, j’ai eu l’honneur d’avoir été le Directeur de la Communication et du Marketing de l’Université Gaston Berger de 2010 à 2012, puis en 2013. En tant que chercheur, l’essentiel de mes travaux porte, depuis 1996, sur la presse. J’ai d’abord travaillé sur la presse française, puis sur la presse africaine. Avant l’ouverture de l’UFR CRAC en 2011, j’étais enseignant-chercheur dans la Section de Sociologie de l’UFR des Lettres et Sciences Humaines (UFR LSH) qui m’avait fait l’honneur de me confier, tour à tour, la coordination du Master 2 de Réalisations Documentaires de Création (Master 2 RDC) et du Master de Communication des Entreprises et des Organisations. Avec l’ouverture de l’UFR CRAC, j’ai naturellement rejoint l’équipe pédagogique en raison de mon profil et de mon implication dans la création de la Section de Communication de l’UFR CRAC.

Que pouvez-vous nous dire de l’Université Gaston Berger de Saint Louis ?

 L’Université Gaston Berger est une université d’excellence dotée d’une efficacité interne très significative. Elle enregistre dans la plupart de ses filières un taux de réussite de 80%. Autrement dit, rares sont les étudiants qui sortent de l’UGB sans avoir obtenu leur diplôme. L’efficacité externe de l’UGB est tout aussi significative, dans la mesure où notre université a un taux d’insertion professionnelle très important, à en juger par le nombre de cadres de très haut niveau qu’elle fournit au Sénégal et à l’Afrique depuis 1990, des cadres qui exercent aujourd’hui dans presque tous les secteurs d’activité (Etat et secteur privé). Par exemple, bon nombre de hauts fonctionnaires actuels de l’Etat du Sénégal ont été formés à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis avant de poursuivre leur formation à l’ENA après avoir brillamment réussi au Concours d’entrée.

Il ya une multiplicité d’UFR à l’UGB, mais quelle est la particularité de l’UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication (CRAC) ?

 L’UFR CRAC a pour mission spécifique de participer au renforcement de  l’africanisation des offres de formation des universités sénégalaises et africaines, notamment à travers ses six Sections que sont : la Section des Langues et Cultures Africaines, la Section des Métiers du Patrimoine, la Section des Métiers des Arts et de la Culture, la Section Centre d’Etudes des Religions, la Section de Communication et la Section d’Infographie. En faisant de ces domaines ses principaux axes d’enseignement, de formation et de recherche, l’UFR CRAC affiche résolument sa volonté de participer à la valorisation du patrimoine culturel africain. Cela ne veut pas dire, pour ce qui est des langues, que les langues africaines n’étaient pas enseignées dans nos universités. Des langues comme le Puular, le Wolof et le Serere ont toujours été enseignées par nos universités, en effet. Seulement elles l’ont toujours été sous forme modulaire dans des filières comme celle de Lettres Modernes qui offraient aux étudiants la possibilité de choix d’une langue africaine en optionnel. Toutefois, grâce à l’UFR CRAC, ce n’est plus seulement un module en langues africaines qui est proposé aux étudiants mais carrément une Licence en langues africaines avec une spécialisation en Wolof ou en Pulaar. L’UFR CRAC n’exclut pas d’enseigner à plus ou moins long terme d’autres langues nationales et d’autres langues africaines comme le Swahili et le Yorouba. Lorsqu’on sait que tous les pays dits avancés se sont développés en s’appuyant sur leurs propres langues, on comprend mieux l’enjeu que représente l’enseignement de nos langues nationales dans nos universités et l’enjeu que représente l’UFR CRAC.

L’autre particularité de l’UFR CRAC est aussi d’être une UFR des métiers. Le volet professionnalisant est très présent dans nos différentes filières. Conscients que les arts, la culture, le patrimoine, les langues africaines, les sciences des religions, l’infographie et la communication sont des secteurs créateurs d’emplois, nous avons mis en place des offres de formation à orientation très pratique. Pour faire émerger un secteur des industries culturelles, indispensable à la valorisation du patrimoine culturel sénégalais et africain, notre Section des Métiers des Arts et de la Culture forme par exemple des étudiants en vue d’en faire de futurs managers culturels, des médiateurs culturels, des gestionnaires de projets culturels, etc.

En termes de capacité, combien d’étudiants compte l’UFR CRAC ?

 L’UFR compte environ 1000 étudiants, les gros effectifs étant en Section de Communication (à peu près 200 bacheliers, ces deux dernières années), ce qui n’est pas sans constituer de réelles contraintes en raison du manque d’effectif d’enseignants permanents.

En quoi consiste votre tâche, en tant que Directeur d’UFR et Enseignant ?

 Un Directeur d’UFR a une fonction administrative doublée d’une fonction d’impulsion institutionnelle.  Autrement dit, il veille non seulement à ce que les actes administratifs et pédagogiques posés à tous les niveaux de l’UFR soient conformes aux textes de lois et de règlements en vigueur mais également il se doit de réfléchir sur tout ce qui peut développer l’UFR, y compris encourager et accompagner les bonnes initiatives prises par les collègues (PER et PATS) et, bien sûr, par les étudiants. Le Directeur représente aussi l’interface entre son UFR et le Rectorat. Rappelons en effet qu’une UFR n’est pas une entité isolée. Elle doit aussi être bien articulée à la politique d’ensemble de l’Université dans laquelle le Rectorat joue un rôle central, même s’il est donné à chaque UFR de décliner une position autonome par rapport à cette politique d’ensemble.

En tant qu’enseignant, je participe toujours à la formation des étudiants dans les amphis et salles de cours même si je suis légèrement déchargé en raison de mes obligations administratives.

Parlant toujours de l’UFR CRAC M. Faye, peut-on dire que les étudiants qui y sortent répondront aux exigences du marché ?

L’UFR CRAC n’a pas été créée, ex nihilo. Son ouverture a été précédée d’un très important travail de terrain auprès des entreprises, des professionnels et de nombreuses autres personnes ressources. Ce travail préalable ayant largement confirmé la pertinence du projet pédagogique et professionnel de l’UFR, il ne nous restait plus qu’à recruter nos premières cohortes d’étudiants. C’est pourquoi il est permis de dire que nos étudiants répondront aux exigences du marché de l’emploi compte tenu de ce travail préalable au lancement de l’UFR CRAC. Même, certains de nos premiers étudiants titulaires d’une Licence, notamment en Infographie et communication, ont trouvé un emploi. D’autres sont en position de stage avec de réelles perspectives de recrutement.

Quels sont vos derniers mots ?

 Je ne saurais terminer cette entrevue sans vous remercier, vous encourager à aller de l’avant car nous œuvrons tous ensemble dans la valorisation et le développement de l’université. Votre démarche est à saluer.

Le Journal Universitaire remercie et encourage Monsieur Faye dans ses fonctions en tant que Directeur. Le Journal Universitaire remercie également les étudiants en Master 1 Communication en l’occurrence Pape Coly Sarr et Elhadji Malick Ndiaye qui nous ont beaucoup aidé pour la réussite de cet entretien.