Pour donner plus de visibilité à ses actions, le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche veut se doter d’une télévision universitaire numérique émettant à l’échelle nationale et régionale. Au cours d’un atelier organisé conjointement, ce week-end, avec le Comité national de pilotage de la transition de l’analogie vers le numérique (Contan), le ministre Mary Teuw Niane a indiqué que l’embryon national pourrait être opérationnel avant la fin de l’année, si son département disposerait des autorisations requises.

Cet atelier de deux jours qui a réuni les représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et les responsables et experts du Contan avait pour objectif de réfléchir sur les conditions et modalités de mise en œuvre d’une télévision nationale universitaire du Sénégal en se basant sur toutes les possibilités offertes par la Tnt. Selon Mary Teuw Niane, l’enseignement supérieur a besoin de visibilité, de porter le savoir à proximité des populations. « Notre pays a construit énormément de lycées et de collèges. Aujourd’hui, le nombre de bacheliers augmente. Il est passé de 39.000 étudiants en 2014 à 45.000 en 2015. Nous en attendons le double d’ici cinq ans. Ce qui est un défi énorme. Donc, construire des établissements à travers des murs ne suffit pas », a indiqué le ministre. Selon lui, l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) est une réalité qui risque cependant d’être débordée si elle n’utilise pas de nouveaux outils. C’est en ce sens, dira-t-il, que la mise en place de la télévision universitaire numérique donne au ministère « une grosse opportunité d’utiliser les infrastructures mises à disposition du gouvernement du Sénégal ». Selon lui, elle permettra aussi « de diffuser des programmes de formation, de promotion de la culture scientifique et de toucher les populations partout où elles sont, sans avoir besoin de faire des investissements en équipements très lourds puisqu’étant déjà faits à travers la mise en place de la Tnt ».

Cette télévision va émettre à l’échelle nationale en mode synchronisation et à l’échelle régionale en mode décrochage qui serait mise en œuvre tant par le niveau central que par celui local. Elle aura aussi, d’après le Pr Niane, deux volets qui seront animés par les institutions d’enseignement supérieur. « Ceci permettra au-delà de nos frontières, de diffuser les contenus de nos enseignants chercheurs et les résultats que produisent la recherche et l’innovation au niveau de notre pays », a-t-il dit. Pour Amadou Top, directeur exécutif du Contan, « la Tnt ouvre un nouveau champ extrêmement intéressant dans lequel les universités entendent tirer profit surtout à travers la formation en ligne et la diffusion de contenu éducatif ouverts à tous ».

Sur la lancée du ministre, M. Top a assuré que si les autorisations sont obtenues d’ici trois à quatre mois, les studios seront mis en place pour la diffusion et le démarrage des programmes tests pour une télévision universitaire d’envergure nationale de très bonne qualité. « L’université sénégalaise peur relever ce défi et faire en sorte qu’en Afrique qu’il y ait une télévision francophone capable de relever le défi lancé par l’utilisation du numérique », a-t-il fait savoir. Confortant son argumentaire, il a ajouté : « Nous avons déjà une expérience avec l’Uvs. Avec la Tnt, nous complèterons cette expérience, combinerons les deux possibilités et ferons en sorte qu’étudiants et enseignants, ainsi que les populations puissent tirer le maximum de profit de cet environnement ».

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