La hausse du Dollar se fait ressentir partout dans le monde. Cette hausse entraine une baisse de l’Euro et du Franc CFA. Ainsi, la dévaluation de l’Euro affecte automatiquement le F.CFA ainsi que les budgets des pays africains.

Revue de cet impact à travers le monde

Suisse : le choc monétaire

C’est sur le franc suisse que l’affaiblissement de la monnaie européenne a été le plus spectaculaire. Depuis 2011, la banque centrale helvétique avait «accroché» la devise nationale au taux de 1 euro pour 1,20 franc suisse. Le 15 janvier, la Banque nationale de Suisse a pris les marchés par surprise en décidant de désolidariser le franc de l’euro. Instantanément, la devise helvétique a bondi jusqu’à 30% avant de terminer la journée à 20%. Depuis, le franc s’est progressivement ramené 12% au-dessus de sa valeur. Mais ce choc monétaire, violent pour tous les exportateurs suisses, pourrait plonger le pays en récession en 2015.

  • États-Unis: Wall Street nerveux

La hausse du dollar, qui reflète directement la bonne santé de l’économie américaine, est en elle-même plutôt une bonne nouvelle. «Pour le consommateur américain, elle revient à un énorme transfert de richesses, note Sébastien Galy, stratège devises à la Société générale à New York. La demande intérieure devrait être soutenue et, du coup, stimuler les exportations des pays émergents et de l’Europe vers les États-Unis.» Cette perspective macroéconomique réjouissante n’empêche pas «Wall Street d’être assez nerveux», relève, parmi d’autres, William De Vijlder, l’économiste en chef de BNP Paribas. La raison? Les recettes des multinationales américaines réalisées dans leurs filiales à l’étranger s’amenuisent à mesure que les devises des pays émergents baissent.

  • Les pays émergents dans la tourmente

Brésil, Afrique du Sud, Mexique, Indonésie, Russie, Turquie: tous ces grands pays émergents ont vu leur devise chuter face au dollar. En un an, l’indice des «devises émergentes» de JP Morgan a baissé de 17%. Et la chute s’est accélérée en mars, souligne Capital Economics.

Les «émergents» représentent un groupe de pays disparate, mais tous pâtissent d’une reprise plus faible que prévue et du ralentissement de la Chine. Parmi eux, les grands exportateurs ont subi le choc sur «les matières premières» dont les cours ont chuté depuis un an, rappelle William De Vijlder. Mais ceux qui souffrent le plus, selon James Kwok, spécialiste des changes chez Amundi, qui gère 850 milliards d’euros d’actifs, «sont les pays à fort déficit de comptes courants, qui empruntent beaucoup en dollar, comme l’Afrique du Sud, la Turquie, l’Indonésie». Or la perspective d’une hausse des taux américains ne fera qu’enchérir les coûts de financement de ces pays tout en attirant leurs capitaux vers les États-Unis.

Plusieurs banques centrales, comme celle du Brésil, rappelle Alberto Gallo de Royal Bank of Scotland (RBS), ont relevé leur taux, afin de freiner la chute de leur devise. Problème, une telle mesure «expose leur secteur privé à un renchérissement de l’emprunt, avec un risque de resserrement du crédit», poursuit RBS dans une note.

Une autre crainte gagne les analystes: les entreprises des pays émergents se sont endettées largement en dollar. Si leurs recettes ne rentrent pas en billets verts, le poids de ces dettes va s’alourdir.

  • La Chine joue la stabilité

Comment réagit la Chine, accusée par le passé d’affaiblir sa devise pour exporter moins cher? La deuxième économie mondiale «ne participe pas à la guerre des changes, le yuan s’est très peu déprécié», observe James Kwok. La Chine, qui veut s’imposer comme place financière majeure et développer son marché de capitaux, «veut limiter les fluctuations», complète William De Vijlder, et agit actuellement pour maintenir quasi inchangé le taux de change avec le dollar.

  • L’Afrique : la plus fragile

L’économie Africaine est étroitement liée à celle de l’Europe et cela depuis l’époque coloniale. Cela se manifeste par les multiples échanges entre eux ainsi que les aides financières que reçoit l’Afrique. Celle-ci utilise aussi l’Euro pour déterminer la valeur de sa monnaie. Cette hausse du Dollar se répercutera sur les prix des denrées alimentaires et du pétrole.