A ce moment j’étais encore élève.
-C’était déjà fait je l’avais décidé.
Et rien ne pouvait changer mon idée de vouloir devenir un jour étudiant.
Je vouais un respect complexé à ces gens dont le langage parfois me dépassait,
leur wolof étant émaillé de mots français.
Je me perdais dans leur débat calé,truffé(Rempli, parsemé de…) de termes abrégés parfois anglais.
Je sentais en eux le génie intellectuel, détenant une connaissance surnaturelle,
d’une lucidité sans équivoque, incarnant le garant du savoir rhétorique.
Mon cœur était fasciné, conquis, aguiché (énigme destinée à susciter et à maintenir l’attention du public, dans la phase initiale d’une campagne de publicité.)
par le simulacre aisé des étudiants vacanciers, héros du peuple, surtout de la population locale.
Chéris des belles grisettes,
Des charmantes divettes,
Les mamans les flattaient sans-gêne,
S’avérait en nous rustiques(grossière, Ignoble) une tue gêne.
Un mot d’une importance particulière d’antan (D’autrefois, du temps passé les hivers, les veillées d’antan),
Etudiant s’identifiait nettement de l’élève à ce temps.
Il signifiait maturité intellectuelle, bon caractère comportemental,
Patriote révolu, incontestable
Vaillant leader du cher Sénégal, futur Espoir de l’Afrique pitoyable.
Je disais, Cité, faut que je bosse dur pour y accéder.
Devant n’importe quel obstacle je ne vais céder.
Je lutterai pour m’offrir le droit légitime de s’exprimer.
Ceci me priverait d’être hasardeusement brimé(Soumettre à des vexations, que comme une loi stupide, imposée du dehors.).
La pertinence des idées n’importe quand on est bleu.
Est-ce sérieux cette mentalité bleue ?
Non!
Un collégien sensé peut dompter un étudiant bidon.
Aussi bien en pensées qu’en caractères.
Mais l’orthodoxie éducationnelle
Ainsi que la pensée rationnelle
Penchent (être hors de son aplomb, dans un équilibre instable, une position anormale) pour la hiérarchisation,
Sorte de persuasion, incitation aux petits écoliers à la persévération.
Alors je confirmai Je serai un universitaire.
Le moment arrivé je pourrais être protestataire,
Défendant suivant sa conviction ses opinions
Sans être taxé d’ignorance d’un mental corniaud(tout s’est devenu prétexte à blessure et plaisirs.).
Un jour je me fringuerai en chemise cravate,
Chaussures italiennes ; dire adieu aux coutumes savates ;
Tenir un cartable à mains ; ne plus porter au dos un sac.
Je serai surement parmi les cracs.
Car je trimerai ardemment sans compromis.
Je ne considérerai pas un fainéant comme amis.
La répugnance (aversion,dégoût,éloignement,exécration,haine) à l’effort tare des malappris(Qui a reçu une éducation mauvaise ou insuffisante, mal élevé Grossier,impoli,malhonnête), elle anéantit la richesse, obscurcit l’esprit.
Pire qu’un syndrome métabolique,
Elle rend l’individu diabolique.
Principale Cause du retard de l’Afrique passive.
La paresse d’esprit est très communicative.
Elle s’infeste(Pièce pour orchestre de structure sonate) à bride (rapidement; sans retenue) abattue.
A son passage elle pourrie tout.
Comment se prémunir de la paresse, ce vice ?
Prend au sérieux mes conseils propices !
Esquive la polémique des beaux-parleurs !
Les belles paroles papelardes (Fausse dévotion. Caractère, Fausseté,hypocrisie.) souvent leurrent.
Oublie de penser réussir sans aucun effort.
Je m’étais fixé un arsenal de défis.
Parmi lesquels se méfier des filles.
Faire de la bibliothèque mon lieu de recréation,
Le livre mon ami duquel je voue une grande passion.
En cas de besoin pour conseils utiles
Je me fierai aux camarades habilles(Illusions perdues).
C’est comme si j’avais déjà eu mon bac,
Je traçais mon plan d’études à la fac.
Je bossais rudement.
J’étudiais tout le temps.
Jusqu’à ce que j’obtiens mon bac avec gloire.
Et je me dis : adieu aux âpres déboires(Impression pénible laissée par l’issue fâcheuse d’un événement dont on avait espéré mieux, ou par un événement fâcheux et inattendu. Amertume,chagrin,déception,déconvenue,dégoût,déplaisir,désagrément,désillusion,ennui,mortification).
Croyant mon rêve se réaliser
Mais regarde comment *Cité* m’a accueilli ?
Ses paroles sont de DAOUD
Un jeune ex-fan des étudiants.
Son premier séjour à l’ucad
Il était seul, ne sachant où se diriger à sa descente au garage,
N’ayant qu’un sac à dos de quatre kilos comme bagages.
DAOUD avait porté des savates(Vieille chaussure ou vieille pantoufle) usées avec des déchirures.
Autour des reins s’enfila une corde servant de ceinture.
Il aborda un passant.
-bonjour monsieur quelle voie mène à l’université ?
-celle-là !lui indexa-t-il, es-tu un agent de sécurité ?
Le passant n’a jamais vu un étudiant d’un tel déguisement.
-suis étudiant dit DAOUD, gêné par un pareil questionnement.
-pourquoi ne pas prendre le bus, tu pars à pieds ?
– oui, je n’aime pas le bus ; il est très embouteillé.
DAOUD était économe de principes sévères.
Il dépensait que quand c’était nécessaire.
Ainsi DAOUD aborda la route, il en est coutumier.
Des piétons de tout genre le défiaient.
Il flânait(Se promener sans hâte, en s’abandonnant à l’impression et au spectacle du moment,balader (se),errer,muser) dans une foule dense et mixte.
La présence d’une classe splendide (Qui a de l’éclat, de la magnificence, Brillant,éblouissant,étincelant,glorieux,somptueux) y fut insolite.
A Dakar les catégories sociales sont diverses.
Elles ne s’identifient guère par simple apparence.
Le vrai dakarois ne joue jamais à l’indigence.
Et il ne cache non plus son opulence (Abondance,aisance,fortune,richesse).
A Dakar tout visage misérable est signe de pauvreté.
Mais tout déguisement lux n’est point prospérité.
Les ouvriers à l’air pouilleux(Qui est dans une extrême misère, Gueux,misérable,pauvre) sont du centre.
Ndakarou ne les a pas encore pu dépeindre.
Elle ne les a pas ôté le caractère humble du village.
Vaillants, ils travaillent sans complexe au petit ouvrage.
Ils adoptent la route pour faire des économies,
Au retour réaliser leur rêve, honorer leur famille.
Quant aux soient disant boy Dakar.
On y trouve plus de tocards.
Des chômeurs cossards et très orgueilleux,
Qui ont au sens africain du terme de gros yeux.
Seule ambition, travaillé comme professionnel,
Détenir son propre bureau n’importe l’échelle.
Ce type étant animé d’une audace(Disposition ou mouvement qui porte à des actions difficiles et dangereuses, au mépris des obstacles et des dangers.) insolente,
N’avoue jamais son impéritie (Manque d’aptitude, d’habileté, notamment dans l’exercice de sa profession, Ignorance,inaptitude,incapacité,inhabileté) ; quelle attitude aberrante(Qui s’écarte de la règle, se fourvoie.Qui est contraire au bon sens, à la raison, Absurde,déraisonnable).
Expert théorique en tout et tout.
De ce que concrètement il ignore son tout.
Un chômeur ridicule à la tête pauvre,
Qui refuse de se monnayer au manœuvre.
Il ne détient aucune expertise.
Néanmoins Il ose gérer une entreprise.
Une telle attitude Serait-elle synonyme de volonté ?
Non, honnêtement c’est une trahison prémédité.
La volonté consiste à fournir d’efforts
Chercher de la connaissance requise d’abord
Avant de prétendre à un emploi idéal.
Mais celui dont on est entrain décrire
Est un vrai imposteur!
Se targuant(se prévaloir de (qqch.) avec ostentation, se vanter de…) d’être rusé, il reste confiant et optimiste.
L’essentiel pour lui est de nommer de bons spécialistes.
En bon illusoire il se leurre.
Il s’enrichira mais pas réussir.
Voilà un chef corrupteur officiel.
Un poison à l’esprit concurrentiel.
L’ignorant ne promut jamais le mérite.
Il privilégie ses complices et acolytes (Serviteur, aide,adjoint,auxiliaire).
Confond la réussite à la richesse.
La galette(Argent, Fortune) conditionne toute sa manigance.
Son souci est individuel, quel égoïste.
La réussite dépasse le cadre lucratif.
On peut être riche son bien-être moral chétif(de faible constitution; d’apparence débile,mauviette;débile,faible,malingre,rachitique).
La réussite c’est réaliser son rêve le plus vital.
Servir le peuple, accomplir son pacte sans scandale,
Convenablement selon les préceptes sacrés de l’islam.
Le richissime épargne guère de l’angoisse de l’âme.
L’histoire témoigne que l’argent n’immortalise.
Seules les bonnes actions s’éternisent.
Qu’en est –il de coré et de son avoir ?
Qui envie pharaon l’homme du pouvoir ?
Tous les deux régnèrent à la mégalomanie (Comportement pathologique caractérisé par le désir excessif de gloire et de puissance ou par l’illusion qu’on les possède, délire de grandeur, orgueil démesurés; goût du colossal).
Et finir par glaner (Recueillir par-ci par-là des éléments isolés pour utiliser, Butiner,grappiller,puiser,récolter) avilissement (Abaissement,abjection,corruption,déshonneur,discrédit,flétrissure,humiliation,opprobre,rabaissement,ravalement,souillure) et ignominie (Déshonneur extrême, causé par un outrage public, une peine, une action infamante,déshonneur,honte,infamie,opprobre).
Ceci illustre que le bien mal acquis ruine.
Il ne profite que pour une durée certaine.
Le flemmard(Qui a la flemme, n’aime pas faire d’efforts, travailler, Paresseux, cagnard,cossard,flemme) penche pour la fonction publique.
Le privé ne divertit le fainéant(Personne qui ne veut rien faire, Paresseux,vaurien;) à l’esprit ludique.
Ce domaine est la chasse gardée du bosseur vaillant
Dont le dévouement et l’abnégation sont saillants(Qui avance, dépasse,par rapport à un plan de référence, Avancée,proéminent;saillir).
Sais-tu ce qu’est le vrais entrepreneuriat ?
Son tout début, zèle(vive ardeur à servir une personne ou une cause à laquelle on est sincèrement dévoué, dévouement,empressement) au service du volontariat.
Pour réussir l’honnête se sacrifie s’investi.
Pour s’enrichir le profiteur exploite ses apprentis.
Ce type juge humiliateur les métiers maigres.
Il croit que l’honneur dépend du simulacre (Apparence sensible qui se donne pour une réalité, Fantôme,Fausse apparence, illusion, Mensonge).
Est-ce sensée cette stupide conception ?
Pourtant en réalité ce vantard (Qui a l’habitude de se vanter, Bluffeur,hâbleur,matamore,menteur,rodomont) a ses raisons.
Dans cette société la notoriété s’égalise à la richesse.
Une valeur éthique ni intellectuelle n’offre plus la noblesse.
Mais l’hédonisme (Doctrine qui prend pour principe de la morale la recherche du plaisir et l’évitement de la douleur) est éphémère, non durable.
Seul l’acte agréé mène vers la réussite immuable.
Telle est Dakar, une capitale en modernisation.
Une ville à l’africaine de toutes ses civilisations.

**
En une heure de marche DAOUD arriva au camp GEREMI.
Les étudiants armés de pierres en découdraient avec les GMI.
Dominés les hommes de tenue allèrent à la recherche de renforts.
La situation s’aggrava, la grande avenue bloquée de tout bord.
Les étudiants dictèrent leur loi aux forces de l’ordre.
Toute la ville se retrouva dans un routinier (Qui agit par routine , se conforme à la routine, esprits étroits encroûté) désordre.
Une courses-poursuite s’imposa entre les deux camps.
DAOUD n’avançait plus conscient d’être en face d’un volcan.
Il s’effraya, son cœur rythmait, son corps tremblant.
Brusquement il reçut par derrière un coup violent.
A peine qu’il se tourna et s’apprêta à se sauver,
Il fut soulevé par des GMI comme un bébé,
Fut jeté par terre et fut bastonné bonnement.
DAOUD s’évanouit et tomba dans le coma.
Les limiers lui séquestrèrent près de la grande porte.
Un d’eux le surveillant pour qu’on ne l’emporte.
Soudain le GMI perdit conscience au passage d’une fille vedette.
DAOUD s’évada, les grévistes coururent à sa sauvette.
Ils l’évacuèrent au centre de santé du coud.
Le diagnostic révéla une entorse du coude.
**
A suivre ———— les premiers jours de DAOUD à l’ucad