Au moment où le monde en général et le Sénégal en particulier sont en train de pleurer ou de commémorer Nesta Robert Marley, dit Bob Marley qui fut un auteur-compositeur-interprète jamaïcain de reggae, né à Nine Miles, paroisse de Saint Ann (Jamaïque) le 6 février 1945 et décédé d’un cancer à Miami (Floride, États-Unis) le 11 mai 1981, les hommes politiques sénégalais Blaise Diagne et Omar Blondin Diop tombent dans l’oubli. Pourtant, Blaise Diagne est décédé à Cambo-les-Bains, le 11 mai 1934, en France. Il est le premier député africain élu à l’Assemblée nationale française. Il est également le premier ministre noir des colonies. Né d’un père sérère, cuisinier et marin, et d’une mère manjaque originaire de Guinée-Bissau, Galaye Mbaye Diagne est très tôt adopté par la famille Crespin qui lui donne le prénom de Blaise. Marié en 1909 avec Marie Odette Villain, rencontrée à Madagascar, il a eu quatre enfants. (Ndarinfo.com)

Omar Blondin Diop est lui aussi décédé le 11 mai 1973 dans sa cellule sur l’ile de Gorée. Il est né à Niamey et fut un intellectuel, un brillant élève et un militant politique sénégalais et membre actif du Mouvement des jeunes marxistes-léninistes du Sénégal. Omar Blondin Diop était une figure emblématique du mouvement contestataire post-soixante-huitard qui défia le président Léopold Sédar Senghor.

Flash back sur ces deux figures emblématiques de la scène politique sénégalaise.

I-Blaise Diagne

Blaise Diagne est un homme politique français né le 13 octobre 1872 à Gorée (Quatre communes) au Sénégal et mort le 11 mai 1934 à Cambo-les-Bains (Aquitaine) en France. Il est le premier député Africain élu à la Chambre des députés française. En effet, jusqu’à cette date, les précédents députés Afridescendants au parlement de la France étaient originaires des colonies françaises des Amériques. Il est également le premier Africain sous-secrétaire d’État aux Colonies. Fervent assimilationniste, il doit sa renommée à sa volonté de faire participer pleinement les Africains à la politique française aussi bien durant la mise en place des structures coloniales3 qu’une fois ces dernières installées. Il a également joué un rôle important en faveur des droits des Africains engagés dans les troupes coloniales.

Formation

Il apprend très tôt à lire, à écrire et bénéficie d’une éducation solide qui s’appuie sur d’incontestables qualités intellectuelles. Il figure ainsi au palmarès de la distribution des prix de l’école laïque de Saint-Louis en août 1884. La même année débute laconférence de Berlin qui détermine, entre puissance coloniale, les conditions permettant la revendication de territoires colonisés. Les guerres coloniales se poursuivent et avec elles les incursions militaires françaises, Lat Dior est tué le27 octobre 1886.

Boursier du gouvernement français, le jeune Diagne va poursuivre ses études en France à Aix-en-Provence. Pendant ce temps, la colonisation progresse en Afrique de l’Ouest. Malade, Blaise Diagne revient à Saint‑Louis pour suivre les cours de l’école secondaire Duval où il sera major de sa promotion en 1890.

Il entreprend avec succès le concours de fonctionnaire des douanes en 1891. En 1892, la France entame la colonisation duDahomey (actuel Bénin) et Blaise Diagne, alors âgé de 19 ans obtient un poste dans l’administration de la colonie. L’Afrique-Occidentale française (AOF) est créée le 16 juin1895 par l’union des colonies du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire.

Franc-maçonnerie

En septembre 1899, à Saint-Denis, Diagne est devenu franc-maçon.

Il est le premier Africain à siéger, dès 1922, au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France et donc de fait un des hommes les plus influents de la franc-maçonnerie française.

Il bénéficie de ce parrainage jusqu’à sa mort en 1934, tout en étant largement soutenu par les milieux parlementaires auxquels il renvoie, par effet de miroir, l’image du parfait assimilé. En revanche, les nationalistes sénégalais (surtout les communistes de l’UIC comme Lamine Senghor) le prennent pour cible.

Carrière

Dans l’administration coloniale

Blaise Diagne est entré dans cette administration coloniale en 1892, il est d’abord nommé en :

Au Parlement

Blaise Diagne et les autres ministres du gouvernement de Pierre Laval en 1932

Blaise Diagne est élu en 1914 député du Sénégal, bénéficiant du statut des « quatre vieilles » communes (RufisqueGoréeSaint-Louis et Dakar). Il est le premier Africain de l’empire colonial français à siéger au Palais Bourbon4, il y est surnommé « la voix de l’Afrique »5. Il obtient pour les habitants des quatre communes la citoyenneté en échange de leur conscription en 1916. Membre du groupe Union républicaine-socialiste animé par Maurice Viollette, franc-maçon lui aussi, il est réélu sans interruption jusqu’à sa mort, malgré des campagnes systématiquement hostiles de ses adversaires colonialistes, qui n’aiment pas voir un Africain à l’Assemblée, d’autant que celui-ci est aussi le maire de Dakar. En 1917, lors d’un débat en comité secret, après l’échec de l’offensive Nivelle au chemin des Dames (avril 1917), le député Diagne expose devant les députés comment les troupes noires furent utilisées par l’état-major français (Mangin) comme de la chair à canon6.

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Blaise Diagne adhère à la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) en décembre 1917, mais il y reste moins d’une année et demie. Il est alors nommé par Clemenceau commissaire général chargé du recrutement indigène en Afrique, en même temps que deux autres socialistes, Compère-Morel, à l’Agriculture, et Fernand Bouisson, à la Marine marchande. Mais Blaise Diagne démissionne du parti et du groupe socialiste début mai 1919, refusant de quitter ses fonctions de commissaire du gouvernement après la répression de la manifestation du 1er mai 1919. Il reste commissaire jusqu’en octobre 1921 (gouvernements Clemenceau, Millerand, Leygues et Briand).

Il revient ensuite au Parti républicain-socialiste, puis passe chez les indépendants de Georges Mandel. Il devient officiellement le premier ministre africain de la République française comme sous-secrétaire d’État aux Colonies de janvier 1931 à février 1932, dans les trois premiers gouvernements de Pierre Laval.

Haut Commissaire du gouvernement pour le recrutement des troupes noires

Blaise Diagne devient en janvier 1918 commissaire général chargé du recrutement indigène, qui, sans le titre, lui donne des responsabilités de nature gouvernementale. Il mène avec succès des missions en Afrique-Occidentale française pour organiser le recrutement militaire en cette période de guerre. De février à août 1918 et de Dakar à Bamako, il essaye de convaincre les habitants de l’AOF et de l’AEF de venir se battre en France tout en leur promettant des médailles militaires, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française aux combattants après la guerre. Les primes aux recruteurs sont aussi fortement augmentées. Il réussit à mobiliser 63 000 soldats en Afrique-Occidentale française, AOF, et 14 000 en Afrique-Équatoriale française, AEF5,.

Diagne profita des conditions spéciales du conflit pour arracher au Parlement la loi du 29 septembre 1916 qui reconnaissait définitivement la citoyenneté française aux originaires des « quatre communes », sans les soumettre au Code civil ni leur faire perdre leur statut personnel.

Postérité

Le souvenir du premier Africain ministre de la République française reste vivant au Sénégal. Plusieurs lieux publics portent son nom : l’avenue Blaise-Diagne, une des plus grandes de Dakar, le lycée Blaise-Diagne de Dakar et, sous la présidence de Abdoulaye Wade, l’aéroport international du Sénégal, à une quarantaine de kilomètres de Dakar, a été nommé aéroport international Blaise-Diagne.

Un buste honore sa mémoire sur l’île de Gorée.

II- Omar Blondin Diop

Biographie

Omar Blondin Diop naquit dans la capitale du Niger en 1946. Il fait ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris et poursuit ses études universitaires commeNormalien à l’École normale supérieure de Saint-Cloud d’où il sort diplômé. C’est à ce moment que sa conscience politique se consolide.

À Paris, il rencontre Jean-Luc Godard pour qui il joue dans La Chinoise en 1967 aux côtés de Jean-Pierre Léaud et d’Anne Wiazemsky.

Il fréquentera le milieu estudiantin et participera aux évènements de mai 68 au côté d’Alain Krivine. Il sera expulsé de France en même temps que son camarade de lutte Daniel Cohn-Bendit1.

Il repart à Dakar où l’impact des évènements de mai 68 a eu un retentissement important comme partout en Afrique. L’agitation syndicale et scolaire aboutit à la crise politique sénégalise de 1968. Le gouvernement sénégalais prendra des mesures coercitives. Les partis étudiants, associations, regroupements sont interdits. La population s’agite et manifeste dans la ville de Ziguinchor et en Casamance. Omar gardera contact avec les mouvements communistes français et ses camarades parisiens et sera au côté des militants du Parti communiste sénégalais de Landing Savané.

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À Dakar, il poursuit ses activités révolutionnaires, soutenu par ses frères cadets, ardents militants anticolonialistes, contre la politique pro-française de Senghor qui s’est adjoint, au poste de ministre de l’Intérieur, un proche de Jacques Foccart : le Français Jean Collin. Pour protester contre des travaux démesurés pour une une visite-éclair de Georges Pompidou à Dakar, les frères d’Omar, le 15 janvier 1971, incendient le ministère des Travaux publics et le centre culturel français. Ils sont arrêtés. Omar, alors jeune agrégatif, projette de libérer ses jeunes frères depuis le Mali où il s’est réfugié. Mais il est capturé et extradé vers le Sénégal. Le 23 mars 1972, il est inculpé pour “terrorisme” et pour espionnage comme agent étranger et condamné par un tribunal spécial sénégalais à 3 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Il est emprisonné dans le cul de basse-fosse de la prison de l’île de Gorée. Quelques mois plus tard, on le retrouvera mort par strangulation. La population en réaction exprime sa colère. Le Sénégal est au bord du chaos. Le Gouvernement français participera au maintien de l’ordre à Dakar jusqu’au retour au calme. Sa photo trône aujourd’hui dans la salle du musée historique de l’île de Gorée, qui fut à l’époque, lorsque le Fort d’Estrées servait de prison civile pour les détenus politiques, sa cellule mortuaire. Omar Blondin Diop avait 26 ans lorsque l’administration pénitentiaire sénégalaise annonça son “suicide” par pendaison dans la nuit du 10 au 11 mai 1973.

En 2013, un de ses frères cadet, le docteur Dialo Diop, a saisi la justice sénégalaise pour une demande de réouverture du dossier pour faire la lumière sur ce drame2.

Bibliographie

wikipédia

 

 

 

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. quand on célébre BOB Marley lui seul doit étre célébré le 11 mai n’appartient et ne peut appartenir qu’a lui pour les autres il faut les méttre dans les oubliéttes