Universités de Guinée/bacheliers 2017 de la Guinée

« Aucun assistant n’ira en classe ou dans une administration le lundi prévu pour l’ouverture des universités et ce, jusqu’à ce qu’on obtienne satisfaction…»

Le lundi 16 octobre a été retenu comme date de l’ouverture des institutions d’enseignement supérieur en République de Guinée. Mais, tout porterait à croire que les étudiants ne vont pas profiter du climat habituel de cette rentrée car le collectif des enseignants-chercheurs, assistants et attachés de recherche, ont décidé de bouder les universités et institutions ce jour jusqu’à la satisfaction des attentes. Ils l’ont fait savoir au micro de Guinéenews© ce jeudi 12 octobre à Conakry.

Après l’expression de déception et de frustration des bacheliers admis session 2016-2017, c’est au tour des encadreurs qui ont le grade « d’assistants et attachés de recherche » d’exposer leur mécontentement. Et ce, parce qu’ils n’ont pas bénéficié de certains avantages comme le stipulait le décret présidentiel 176 et l’arrêté conjoint.

Ousmane Touré porte-parole du collectif des enseignants-chercheurs, assistants et attachés de recherche de Guinée, est revenu sur le nœud du problème. « Nos cris de cœur du 10 août dernier n’ont pas été entendus par les autorités. Et depuis la diffusion de l’arrêté conjoint paru le 4 août jusqu’aujourd’hui, les autorités de l’enseignement supérieur ne veulent rien faire pour résoudre les problèmes qui font crier dans les institutions d’enseignement supérieur. »

Poursuivant, il a indiqué que le collectif a porté à l’attention d’Abdoulaye Yéro Baldé ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, l’injustice dont ils font l’objet. « Dans le courrier adressé au ministre Abdoulaye Yéro Baldé, nous lui avons signalé qu’il y a de l’injustice parce que l’arrêté n’est ni juste ni légal étant donné que c’est un décret qui a octroyé ces avantages spéciaux aux enseignants-chercheurs et attachés de recherches de Guinée. Alors, s’il doit y avoir la revalorisation, nous pensons qu’il serait mieux de le faire par grade car ils correspondent aux différentes fonctions dont le grade d’assistants, de maître-assistants, de maître de conférence et celui de professeur. Donc revalorisez les trois derniers et oublier le premier, c’est comme si on construisait un bâtiment sans sous-bassement », affirmera t-il.

Aux dires du porte-parole des assistants et attachés de recherche, le courrier adressé au ministre contenait aussi six points de revendication et malheureusement pour eux, le ministre Yéro Baldé n’aurait accepté aucun point. «…Mais il n’y a pas eu de solution et nous estimons que le ministre est un gouvernant en crise de solution », déplore-t-il.

« Nous avons été convoqués par la conférence des recteurs hier (mercredi 11 octobre) pour tenter de dénouer la situation. Et sur ce point, il n’y a pas eu non plus de solution fiable car si on propose la mise en place d’une commission pour examiner les différents points de revendication à quelques jours de l’ouverture, c’est un non-événement car on ne peut pas résoudre ces problèmes en trois jours », rechignera le porte-parole du collectif.

Du moment où un dialogue de sourds règne entre les autorités de l’enseignement supérieur et le collectif des assistants et attachés de recherche, ces derniers ont pris à l’unanimité une position ferme. « Tous les assistants du collectif ont décidé à l’unanimité de cesser toutes les activités au sein des institutions d’enseignement supérieur à partir de lundi 16 octobre, date de l’ouverture et sur toute l’étendue du territoire jusqu’à la satisfaction des points de revendication », menace-t-il.

Ce vent violent qui se prépare risque selon le collectif de perturber la bonne marche des institutions d’enseignement supérieur car statistiquement, les assistants, estiment qu’ils pèsent plus lourd dans la balance de l’effectif. « On est conscient que sans les assistants, les institutions ne peuvent pas fonctionner parce qu’ils représentent 80% de l’effectif. Selon la conférence des recteurs d’université, il n’y a que 217 maîtres de conférence sur toute l’étendue du territoire guinéen. Pour preuve, prenez l’exemple sur Kindia où il n’y a que deux cents et quelques enseignants ; sur cet effectif, il n’y a qu’un seul professeur à la retraite, trois maîtres de conférence en fonction et deux maîtres assistants, tout le reste sont des assistants et même certains du décanat », regrettera le porte-parole.

Pour clore, Ousmane Touré est revenu à la charge en martelant : « Aucun assistant n’ira en classe ou dans une administration le lundi prévu pour l’ouverture des universités et ce, jusqu’à ce qu’on obtienne satisfaction. »

De ce qui précède, une ambiance électrique risquerait de remplacer la joie de reprendre le chemin des institutions d’enseignement supérieur si toutefois, une solution n’est pas trouvée pour soulager les assistants. En Guinée, ce sont eux qui sont dispensent les cours et ce même au cycle secondaire.