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L’actualité des universités et des écoles de formation
Deux jeunes femmes souriantes portant des vêtements de sport, dont l’une tient un ballon de basket, dans un espace extérieur arboré.

Prévention en santé étudiante : des solutions concrètes pour mieux vivre ses études

La santé étudiante ne se résume pas aux consultations médicales. Elle englobe aussi le sommeil, l’alimentation, l’activité physique, la santé mentale, les consommations et la capacité à demander de l’aide. Ces dimensions se renforcent ou se fragilisent mutuellement : un budget limité peut compliquer les repas, l’isolement peut réduire l’activité physique, tandis qu’une consommation excessive d’alcool peut aggraver l’anxiété ou perturber le sommeil.

Pour les étudiants, la prévention consiste donc moins à recevoir des conseils généraux qu’à trouver des solutions adaptées à leur quotidien. Les actions documentées par Santé publique France et les initiatives locales montrent plusieurs pistes : développer les compétences psychosociales, rendre les activités accessibles, agir sur l’environnement universitaire et repérer plus tôt les situations de mal-être.

Une prévention pensée à partir de la vie réelle des étudiants

Les études et les programmes de prévention abordent désormais la santé de manière globale. En Normandie, une enquête régionale consacrée à la santé des étudiants explore notamment la précarité, la santé mentale, l’accès aux soins, l’activité physique, l’alimentation et les consommations. Depuis 2024, elle inclut aussi des étudiants en bachelor universitaire de technologie et en master, afin de mieux prendre en compte la diversité des parcours.

Cette approche est utile parce que les difficultés ne se présentent pas isolément. Un étudiant qui travaille en parallèle de sa formation peut manquer de temps pour cuisiner ou faire du sport. Un autre peut renoncer à consulter en raison du coût, de délais d’attente ou d’une méconnaissance des dispositifs existants. Une troisième personne peut vivre une période de solitude sans considérer son état comme un problème de santé.

La prévention doit alors partir de situations concrètes. Elle peut proposer une activité physique gratuite près du campus, faciliter l’accès à une alimentation équilibrée, apprendre à reconnaître les signes d’épuisement ou organiser une présence professionnelle lors d’une soirée étudiante. L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais de réduire les obstacles.

Bouger davantage sans transformer le sport en contrainte

L’activité physique joue un rôle dans la santé physique et psychique, mais les recommandations sont parfois difficiles à appliquer lorsqu’elles semblent exiger un entraînement régulier ou coûteux. Pour un étudiant, bouger davantage peut commencer par des changements simples : marcher une partie du trajet, prendre les escaliers, faire une pause active entre deux cours ou rejoindre une activité collective proposée par l’établissement.

Santé publique France met en avant des actions de promotion de l’activité physique et de lutte contre la sédentarité. L’initiative « Septembre Bouge » a ainsi déployé environ 120 projets auprès de 7 100 collégiens durant l’année scolaire 2025-2026. Même si ce programme concerne principalement des adolescents, son principe peut inspirer les campus : proposer des activités accessibles, régulières et suffisamment variées pour ne pas réserver le mouvement aux étudiants déjà sportifs.

Une action efficace peut prendre plusieurs formes. Un établissement peut organiser une marche entre résidences universitaires et campus, ouvrir un créneau de pratique libre ou associer activité physique et lien social. Une séance de badminton, une promenade en groupe ou un atelier de mobilité peuvent être plus faciles à intégrer qu’un entraînement compétitif.

La lutte contre la sédentarité concerne aussi le temps passé assis devant un écran. Un étudiant qui suit des cours en ligne, révise plusieurs heures et travaille le soir peut rester immobile une grande partie de la journée. Des pauses courtes, répétées et réalistes sont alors plus utiles qu’un objectif présenté comme inaccessible. Se lever quelques minutes, changer de pièce ou marcher pendant un appel peut déjà rompre certaines périodes prolongées d’inactivité.

Mieux manger malgré un budget serré

L’alimentation étudiante dépend fortement des ressources financières, du logement, du temps disponible et de l’accès aux commerces. Les conseils nutritionnels perdent leur portée lorsqu’ils ignorent ces contraintes. Prévenir consiste donc aussi à rendre les choix favorables à la santé réellement possibles.

Une expérimentation menée à Bordeaux, inspirée du principe de la sécurité sociale de l’alimentation, a concerné initialement 75 étudiants et 75 bénéficiaires du revenu de solidarité active. Les participants disposaient d’une allocation utilisable auprès de commerçants proposant notamment des produits biologiques et locaux. Cette expérience illustre une idée importante : améliorer l’alimentation ne repose pas uniquement sur la volonté individuelle. Le prix, l’offre disponible et les conditions d’achat pèsent directement sur les décisions.

À l’échelle d’un campus, plusieurs réponses peuvent être combinées. Une épicerie solidaire peut aider à réduire le coût des courses. Des ateliers peuvent apprendre à préparer plusieurs repas avec des produits simples. Une restauration universitaire peut développer des options équilibrées tout en maintenant des tarifs accessibles. Les étudiants peuvent aussi trouver un intérêt pratique à cuisiner en groupe, notamment lorsqu’ils vivent seuls et disposent de peu de matériel.

Un exemple concret consiste à préparer une base de céréales, des légumes et une source de protéines pour plusieurs repas, puis à varier les assaisonnements. Cette organisation réduit le temps consacré à la cuisine et limite les achats impulsifs. Elle ne règle pas les difficultés financières, mais elle peut faciliter une alimentation plus régulière lorsque les conditions matérielles le permettent.

Prévenir les risques liés à l’alcool sans moraliser

Les soirées étudiantes occupent une place importante dans la vie sociale, mais l’alcool peut exposer à des accidents, des violences, des rapports non consentis, des malaises ou des difficultés durables. La prévention ne se limite donc pas à dire de boire moins. Elle doit agir avant, pendant et après les événements.

Selon les ressources de Santé publique France, les stratégies auprès des jeunes associent le développement des compétences psychosociales, les interventions lors des événements festifs et l’action sur l’environnement. Les compétences psychosociales aident par exemple à résister à la pression du groupe, à exprimer un refus, à gérer une émotion ou à demander de l’aide.

Sur le terrain, cela peut se traduire par une présence de professionnels ou de bénévoles formés, un accès visible à l’eau, des espaces permettant de s’isoler en cas de malaise, des informations sur les transports et une procédure claire pour accompagner une personne vulnérable. La prévention gagne en efficacité lorsqu’elle est intégrée à l’organisation de la soirée plutôt que distribuée sous forme de messages généraux.

Les étudiants peuvent aussi se préparer collectivement. Désigner une personne qui reste en état de conduire, vérifier que chacun dispose d’un moyen de retour et ne pas laisser seul quelqu’un qui semble désorienté sont des comportements simples. En cas de perte de connaissance, de respiration anormale ou de réaction impossible à obtenir, il faut appeler les secours. La présence d’un témoin attentif peut alors être déterminante.

Prendre la santé mentale au sérieux dès les premiers signes

La santé mentale étudiante peut être fragilisée par la pression académique, l’éloignement familial, les difficultés financières, les discriminations, les ruptures affectives ou l’incertitude professionnelle. Elle ne se limite pas aux troubles diagnostiqués. Une fatigue persistante, une perte d’intérêt, un isolement croissant, des troubles du sommeil ou l’impression de ne plus parvenir à faire face méritent une attention.

Les résultats de l’enquête EnCLASS 2024 montrent que 63 % des lycéens interrogés déclarent un bon niveau de bien-être mental, tandis que près de 20 % évoquent un sentiment de solitude. Ces chiffres ne décrivent pas directement toute la population étudiante, mais ils rappellent que le bien-être et la solitude peuvent coexister dans une même génération. Une personne peut réussir ses études tout en se sentant isolée.

Des forums consacrés à la santé mentale cherchent précisément à combattre les préjugés. À Bressuire, le forum « On s’met bien », organisé les 18 et 19 mai 2026, a réuni plus de 600 collégiens, lycéens et étudiants autour de la santé mentale et de la déconstruction des représentations négatives. Ce type de rencontre permet de parler de mal-être autrement que dans un cadre médical, avec des échanges, des témoignages et des informations accessibles.

Pour un étudiant, demander de l’aide ne signifie pas nécessairement commencer une longue démarche. Un premier échange peut avoir lieu avec le service de santé étudiante, un médecin, un psychologue, un proche ou un responsable pédagogique de confiance. L’essentiel est de ne pas attendre que la situation devienne intenable. Lorsqu’un camarade semble se retirer, ne vient plus en cours ou tient des propos inquiétants, une question directe et bienveillante peut ouvrir le dialogue : « Comment vas-tu réellement en ce moment ? »

Si une personne évoque des idées suicidaires ou un danger immédiat, il ne faut pas rester seul face à la situation. Il faut contacter rapidement les services d’urgence ou demander l’aide d’un professionnel. Écouter sans minimiser, rester auprès de la personne lorsque cela est possible et transmettre l’alerte sont des réactions plus utiles que chercher immédiatement la phrase parfaite.

Le service sanitaire, un relais de prévention au contact des publics

Le service sanitaire permet à des étudiants en santé de participer à des actions de prévention auprès de différents publics. Les ressources associées couvrent notamment la santé mentale, l’alimentation et l’activité physique. Cette démarche présente un double intérêt : elle diffuse des informations de santé et forme les futurs professionnels à une approche pédagogique, collective et adaptée aux réalités sociales.

Dans un établissement, une intervention menée par des étudiants en santé peut porter sur le sommeil, la gestion du stress, les consommations ou l’accès aux soins. Pour être pertinente, elle doit laisser une place aux questions et aux expériences des participants. Une conférence descendante ne suffit pas toujours. Des mises en situation peuvent aider à apprendre comment réagir face à un camarade en détresse, refuser une consommation ou orienter une personne vers un service compétent.

La prévention peut également s’appuyer sur les associations étudiantes. Elles connaissent les habitudes du campus et les moments où les besoins sont les plus visibles, par exemple les périodes d’examens, les rentrées ou les soirées d’intégration. Leur rôle ne consiste pas à remplacer les professionnels, mais à faciliter le premier contact et à faire circuler une information fiable.

Construire un campus qui facilite les bons choix

La responsabilité de la santé étudiante ne repose pas uniquement sur chaque individu. Les établissements peuvent agir sur leur environnement : horaires, restauration, espaces de repos, activités, accès aux soins et organisation des événements. Une politique de prévention cohérente rend les solutions visibles, abordables et compatibles avec les contraintes des études.

Un campus favorable à la santé offre plusieurs portes d’entrée. Un étudiant peut venir chercher une information sur l’alimentation, participer à une activité physique, rencontrer un professionnel de santé ou parler de sa consommation sans être jugé. Les messages doivent être clairs, les dispositifs faciles à identifier et les modalités d’accès expliquées concrètement.

Les enquêtes régionales, les interventions de terrain et les actions de Santé publique France montrent une même orientation : prévenir consiste à agir sur les comportements, mais aussi sur les conditions qui les rendent possibles. Pour les étudiants, cela signifie pouvoir bouger sans payer cher, manger correctement malgré un budget limité, faire la fête dans un cadre plus sûr et obtenir de l’aide avant que le mal-être ne s’installe.

Sources : santepubliquefrance.fr · santepubliquefrance.fr · santepubliquefrance.fr

Source de l’illustration