Rentrée des classes

Souleymane Diallo du SELS ((Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal) tire un premier bilan « globalement bien » de la rentrée des classes. Ce, « en termes de taux de présence que ce soit des enseignants que des enfants » malgré « des difficultés liées à des établissements qui sont encore sous les eaux dans certains départements ». Le secrétaire général national du SELS d’en appeler « à l’Etat et aux collectivités locales pour que les établissements qui ne le sont pas, soient désherbés dans les meilleurs délais, soient désinfectés mais aussi que le matériel pédagogique, le mobilier soit mis en place ». « Là aussi, il y a une responsabilité des collectivités locales car c’est une compétence transférée », indique-t-il tout en invitant les parents d’élèves à « envoyer les enfants à l’école ».

« Nous allons toujours œuvrer pour une année scolaire sans perturbations au niveau des organisations syndicales particulièrement au niveau du SELS, nous avons toujours dit que nous sommes au service de l’école, des enfants. Notre rôle, notre mission, c’est d’enseigner. Maintenant, l’année dernière, nous avons fait preuve d’une très grande responsabilité en ne déposant même pas de préavis de grève malgré les difficultés. Mais, il faut le dire le gouvernement n’en a pas profité pour appliquer les accords. C’est pour cette raison quand même que cette année, nous ne sommes pas dans les dispositions de rester sans préavis. Maintenant, déposer un préavis ne veut pas dire aller directement dans la cessation ou l’arrêt du travail. C’est une alerte. Nous sommes dans des dispositions de déposer un préavis pour alerter le gouvernement. Ce que nous demandons, c’est que les accords signés entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants fassent l’objet d’application, que les actes produits par la Fonction publique soient alignés, qu’on paie les rappels mais également qu’on mette en place un dialogue social de qualité basé sur la vérité,… », prévient toutefois l’enseignant sur Radio Sénégal.

Le Secrétaire général du SAEMS-CUSEMS était dans la délégation ministérielle, ce matin. Ainsi, Saourou Sène dit « (avoir) visité quelques établissements » et « (s’est) rendu compte qu’effectivement l’engouement est là au niveau de toutes les écoles mais il y a une tradition qui semble résister un peu ». «Le premier jour très souvent pour les parents d’élèves, est un jour d’inscription, de connaissance des classes des élèves de CI ou autre. Néanmoins, il faut reconnaître que le slogan « Ubi tey, Jang tey », c’est un slogan mobilisateur qui doit nous aider à aller vers l’effectivité des cours dès le démarrage de la rentrée. Actuellement, nous sommes en phase avec tous ceux qui sont pour la promotion de ce slogan », dit-il.

Interpellé sur l’appel du Chef de l’Etat à une année scolaire sans perturbations, l’enseignant de marteler : Monsieur le président de la République, Macky Sall, lui-même, il le sait très bien pour ce qui concerne le système éducatif sénégalais, il y a des questions qui se posent ».

« La première est liée à la gouvernance. Les enseignants, leur rôle était de rester dans les classes et d’enseigner, aujourd’hui, il y a une nouvelle tâche qui leur est malheureusement dévolue, c’est celle de devoir s’occuper de leur carrière. Quand vous êtes à l’intérieur du pays, vous avez des problèmes d’avancement, d’intégration, de validation. Ce sont des questions que l’administration ne règle pas et les enseignants sont obligés de venir à la Fonction publique, à l’Education nationale, aux Finances ou ailleurs pour suivre leur propre carrière. Cela ne peut pas ne pas d’éteindre sur le quantum horaire, ne pas frustrer d’autant plus que c’est un ensemble de tâches administratives qui dans le passé ne nécessitaient même pas le déplacement de l’agent. Aujourd’hui, ce sont des choses qui se sont accumulées au niveau de l’administration sénégalaise », déplore Saourou Sène.

Avant de marteler : « En termes d’avancement, le gouvernement du Sénégal a réussi la prouesse de concentrer à son niveau une dette qui avoisine les 85 milliards à l’endroit des enseignants. Tout cela ne milite pas en faveur d’une gouvernance acceptable pour les enseignants. La deuxième question est liée au système de rémunération. Le président de la République qui avait demandé qu’on est un audit du système de rémunération des agents de la Fonction publique sénégalaise, l’audit a été fait, les résultats nous les connaissons, ils sont sur la table du président. Nous attendons à ce qu’il puisse appeler pour une discussion autour de ces résultats. En dehors de ça, il y a la lancinante question du logement des enseignants. Il est clair qu’ils ont une forte préoccupation par rapport à ces indemnités ».

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