Qui était le Professeur Cheikh Anta Diop

On ne se lasse jamais de suivre ce brillant profil de Cheikh Anta Diop. Mais Qui était le Professeur Cheikh Anta Diop ? Éléments de réponse dans cet article synthétique.

Qui était le Professeur Cheikh Anta Diop ?

Méconnu par la majorité de ces compatriotes, de par sa personnalité, de par son oeuvre, Cheikh Anta Diop est un Sénégalais, historien, politique, anthropologue et égyptologue. Aujourd’hui il aussi utile que nécessaire de connaitre cet homme qui marqué son temps et dont l’oeuvre reste immortelle surtout pour ceux qui sont en quête du savoir.

Nombre de Sénégalais, particulièrement les étudiants, ignorent la personnalité de Ckeikh Anta Diop. A la question de savoir qui est l’homme, certains répondent que c’est le parrain de l’Ucad, d’autres c’est un hitorien, un politicien. Ces réponses s’avèrent mais demeurent insuffisantes pour connaitre la biographie et même la biographie de Cheikh Anta Diop.

Repères de biographie

Cheikh Anta Diop est un historien, anthropologue, égyptologue et homme politique sénégalais. Il est né le 29 décembre 1923 dans le village de Caytou situé dans la région de Diourbel. A l’âge de quatre, cinq ans il est envoyé à l’école coranique. Il est ensuite scolarisé à l’école française : l’École Régionale de Diourbel. En 1937, il obtient son certificat d’études primaires. Entre 1938 – 1945, il fait ses études secondaires à Dakar et Saint-Louis. Il obtient, en 1945, ses baccalauréats (“brevet de capacité colonial correspondant au baccalauréat”) en mathématiques et en philosophie. Durant ces années passées au lycée, il élabore un alphabet conçu pour transcrire toute langue africaine et il entreprend également la rédaction d’une histoire du Sénégal. Dans cette même période apparaissent ses premières réflexions qui plus tard déboucheront sur son projet de renaissance culturelle et d’indépendance politique de l’Afrique noire. Arrivée à Paris au cours de l’année 1946, il s’inscrit en classe de Mathématiques Supérieures, son but étant de devenir ingénieur en aéronautique. En attente de la rentrée de l’année 1946-1947, il s’inscrit en Faculté des Lettres de la Sorbonne en philosophie. A son initiative est créée l’Association des Étudiants Africains de Paris dont le premier président est Cheikh Fall. Cheikh Anta Diop poursuit, parallèlement à ses études, ses recherches linguistiques sur le wolof et le sérère, langues parlées au Sénégal. Il a mis l’accent sur l’apport de l’Afrique et en particulier de l’Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiale. En 1951, l’Anthropologue prépare sous la direction de Marcel Griaule une thèse de doctorat à l’Université de Paris, dans laquelle il affirme que l’Égypte antique était peuplée d’Africains noirs, et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l’Afrique de l’Ouest, qu’il parvient à obtenir en 1960. Il poursuit dans le même temps une spécialisation en physique nucléaire au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France. Son interprétation de données d’ordre anthropologique (comme le rôle du matriarcat) et archéologique l’amène à conclure que la culture égyptienne est une culture nègre. Sur le plan linguistique, il considère en particulier que le wolof, parlé aujourd’hui en Afrique occidentale, est phonétiquement apparenté à la langue égyptienne antique.

L’œuvre de Cheikh Anta Diop

Dans les années 1970, Diop participe au comité scientifique international qui dirige, dans le cadre de l’UNESCO, l’élaboration de l’Histoire générale de l’Afrique (HGA), un projet éditorial ambitieux qui comptera huit volumes. Lorsqu’il obtient son doctorat en 1960, il revient au Sénégal enseigner comme maître de conférences à l’université de Dakar (depuis rebaptisée université Cheikh-Anta-Diop, UCAD). Il y obtiendra en 1981 le titre de professeur. Mais dès 1966, il crée au sein de cette université de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles archéologiques au radiocarbone, en collaboration avec celui du Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) de Gif-sur-Yvette. Dans les années 1970, Diop participe au comité scientifique international qui dirige, dans le cadre de l’UNESCO, l’élaboration de l’Histoire générale de l’Afrique (HGA), un projet éditorial ambitieux qui comptera huit volumes. Pour la rédaction de cet ouvrage, il participe en 1974 au Colloque international du Caire où il confronte les méthodes et résultats de ses recherches avec ceux des principaux spécialistes mondiaux. À la suite de ce colloque international, Diop rédige un chapitre sur « L’origine des anciens Égyptiens ».

Vie Politique

Par ailleurs, dès 1947, Diop s’est engagé politiquement en faveur de l’indépendance des pays africains et de la constitution d’un État fédéral en Afrique. « Jusqu’en 1960, il lutte pour l’indépendance de l’Afrique et du Sénégal et contribue à la politisation de nombreux intellectuels africains en France. Entre 1950 et 1953, il est secrétaire général des étudiants du Rassemblement démocratique africain (RDA)11 et dénonce très tôt, à travers un article paru dans La Voix de l’Afrique noire, l’Union française, qui, « quel que soit l’angle sous lequel on l’envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains ». Poursuivant la lutte sur un plan plus culturel, il participe aux différents congrès des artistes et écrivains noirs et, en 1960, il publie ce qui va devenir sa plate-forme politique : Les fondements économiques et culturels d’un futur État fédéral en Afrique noire». Selon Doué Gnonsoa, Diop sera l’un des principaux instigateurs de la démocratisation du débat politique au Sénégal, où il animera l’opposition institutionnelle au régime de Léopold Sédar Senghor, à travers la création de partis politiques (le FNS en 1961, le RND en 1976), d’un journal d’opposition (Siggi, renommé par la suite Taxaw) et d’un syndicat de paysans. Sa confrontation, au Sénégal, avec le chantre de la négritude serait l’un des épisodes intellectuels et politiques les plus marquants de l’histoire contemporaine de l’Afrique noire.
Cheikh Anta Diop décède le 7 février 1986, à son domicile de Fann, quartier situé non loin de l’Université de Dakar qui aujourd’hui porte son nom. Il laisse inachevé un travail, publié aux Éditions Présence Africaine sous le titre Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes. Le 8 février 2008, le ministre de la Culture du Sénégal Mame Biram Diouf inaugure un mausolée perpétuant la mémoire du chercheur à Caytou, son village natal où il repose. Ce mausolée figure sur la liste des sites et monuments classés du Sénégal.

3 COMMENTAIRES

  1. il y t-il encore des Chercheurs africains qui continues l’œuvre de Anta DIop. Bien entendu j’aurai du commencer à remercier le rédacteur du journal et son initiative à créer cet espace pour CAD peut être l’un des premier et surement brillants savants. Je dirais pas africain car il fait partir qu’on le veuille ou pas du cercles fermé des savants.
    bref l’Afrique a tjrs eu la chance d’offrir à humanité des connaissances , des savoirs aussi des hommes de qualités et avoir la malchance de les perdre très tôt. Que les africains s’approprie de leur savoir. Personne ne reconnaitra le savoir scientifique africain mème si tout le monde sait déjà.

  2. Avant tout d’abord je salut l’initiateur de ce journal le prof IBRAHIMA SYLLA,mé on aimeré k la publication des articles soit encore bcoup plus rapide et k ce journal soit une plat_forme pr dis-cuter des problemes de l’université.

    • Merci Mouhamed pour vos suggestions qui seront bien prises en compte. Merci de continuer à suivre le site et n’hésitez pas participer, soit en envoyant des articles, soit en participant aux discussions dans le forum afin de le rendre plus dynamique. L’équipe.

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