La start-up africaine de la semaine Baobab+

La start-up portée par le groupe Microcred poursuit sa politique de développement en Afrique de l’Ouest. Objectif : atteindre 150 000 foyers au Mali, au Sénégal, à Madagascar et en Côte d’Ivoire.

Baobab+, un vendeur de kits solaires destinés aux populations africaines rurales sur le modèle du « pay-as-you-go » (paiement à l’usage), vient de lancer un nouveau produit : des tablettes éducatives destinées à faire du soutien scolaire – ou de l’alphabétisation pour les enfants non scolarisés.

« J’avais envie d’entreprendre dans des secteurs à impact social. L’éducation est un premier volet que je souhaitais développer », explique le directeur et fondateur de la start-up, Alexandre Coster, 36 ans.

Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine : arrivé au Sénégal en 2003, après une enfance en région parisienne et des études à la Sorbonne et à l’ESCD 3A de Lyon, avec une spécialisation « Afrique », sur l’entrepreneuriat dans l’hémisphère sud, il est en effet le créateur de l’Eticca Dakar, une école de commerce française offrant une formation initiale et continue en partenariat avec l’IAM (Institut africaine de management).

Un micro-crédit débloqué après l’achat d’un kit solaire

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la fourniture de kits solaires proposés par Baobab + : « Un kit solaire coûte entre 150 et 500 dollars [130 à 430 euros, NDLR], ce qui est une somme considérable pour les populations rurales en Afrique. Ce modèle offre la possibilité de payer 30 à 50 centimes d’euro par jour, notamment par le biais du mobile-banking. »

« À chaque fois que le client paye, le système se débloque pour le nombre de jours payés et permet de devenir propriétaire de son kit à moyen terme, une fois la somme totale atteinte. Une fois cet objectif atteint, le client devient éligible à un crédit chez Microcred pour acheter sa tablette – qu’il pourra recharger grâce à son kit solaire », explique Alexandre Coster, qui a reçu pour cette initiative le soutien de la  Fondation Breteau, implantée en Angleterre et active principalement en Afrique du sud et en Colombie.

La start-up a basé le prix journalier de son système sur les dépenses moyennes d’un ménage rural en termes d’énergie (bougie, kérosène, pile…), soit un montant qu’elle estime à 300 francs CFA (0,46 euro).

« L’énergie est le deuxième poste budgétaire d’un foyer après l’alimentation. On leur demande d’utiliser ce même budget pour payer leur système solaire qui remplace les bougies et piles et leur permet de s’éclairer, de recharger leurs appareils mobiles, de regarder la télévision ou de brancher des appareils productifs. Et au bout d’un an, ils deviennent propriétaires », explique le directeur de Baobab+.

Un réseau de distribution dédié en zones rurales

Baobab+, lancée au Sénégal en septembre 2015, est portée par Microcred, qu’Alexandre Coster a intégré en 2006 et où il a occupé des fonctions transversales, notamment celle de directeur marketing, à Madagascar et en Côte d’Ivoire. La technologie « pay-as-you-go », développée il y a quelques années au Kenya par un ancien de M-Pesa (Safaricom), lui permet de contrôler les kits solaires à distance et d’assurer les paiements.

La start-up se fournit auprès d’entreprises américaines et norvégiennes, « certifiées par le programme Lighting Global de la Banque mondiale », précise son fondateur, et s’appuie sur le réseau de Microcred pour distribuer ses produits en zones urbaines et péri-urbaines. Pour les zones rurales, en revanche, elle développe son propre réseau de distribution.

Après le Sénégal, les kits ont été lancés en Côte d’Ivoire, en mai 2016, à Madagascar le mois suivant, et au Mali en décembre 2016, touchant un total de 50 000 foyers. Pour Alexandre Coster, le but est d’atteindre les 150 000 foyers d’ici fin 2018. Baobab+ a reçu le soutien de l’Union européenne à hauteur de 500 000 euros pour développer l’offre Pay-as-you-go à Madagascar, et de l’USAID, à hauteur de 600 000 dollars, pour l’ensemble de ses activités.

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