La sélection en Master dans les universités

La réforme autorisant la sélection en master s’applique pour la première fois à la rentrée 2017. De nombreux étudiants, notamment en psychologie, se retrouvent sans formation. Décryptage.

« Un accord historique. » Universités, syndicats étudiants et gouvernement s’étaient réjouis à l’annonce de la réforme du niveau master (bac + 5), en décembre 2016. Avant cette année, une large panoplie de formations effectuait une sélection entre les deux années de master.

« Une situation préjudiciable pour les étudiants, qui ne pouvaient pas finir leur formation », estime Quentin Panissod, président de l’association Promotion et défense des étudiants (PDE). Les universités doivent effectuer une sélection directement à l’entrée en master, sauf dérogation.

Mise en oeuvre difficile

Fin juillet, 1 016 licenciés, sans aucune affectation malgré de nombreuses demandes, ont saisi leur rectorat pour faire valoir leur « droit à la poursuite d’études ». Pour l’association PDE, l’État n’aurait pas suffisamment informé les étudiants. « Certains ont cru à une sorte d’admission post-licence, sur le modèle d’Admission post-bac, explique Quentin Panissod. À ce niveau d’études, il s’agit d’être autonome dans sa recherche de formation. »

En cas de recours, le rectorat est tenu de formuler trois propositions de master à l’étudiant… Pas forcément en adéquation avec un projet personnel. « Un étudiant qui postule à un master en économie sociale et solidaire pourrait se retrouver, au bout du compte, avec une formation en économie de marché C’est assez cocasse », ironise Quentin Panissod.

Aide à la mobilité… non budgétée

Pour autant, « tout n’est pas lié au manque d’information », selon la PDE. Certains masters n’auraient pas suivi le cadre de la mise en oeuvre de la réforme. « On avance à deux vitesses : certaines formations, craignant que tous les bons dossiers ne filent vers d’autres universités, ont instauré la sélection à la va-vite », pointe Quentin Panissod. Plus de 500 demandes ont ainsi été adressées à l’université Toulouse Jean-Jaurès, qui, faute de place, n’a pu en satisfaire que 200.

Dans une dernière mesure, le gouvernement Cazeneuve a acté la création d’une aide à la mobilité pour les étudiants dont la formation serait éloignée de leur domicile… « Sans la budgéter ». Une mission qui revient au nouveau gouvernement, déjà affaibli par la baisse des allocations logement.

ouest-france.fr