La population africaine

Avec plus de quatre enfants par femme, l’Afrique bat tous les records. Un chiffre qui masque de grandes disparités au sein du continent africain. En 2050, il y aura 2,5 milliards d’Africains, dont la moitié aura moins de 25 ans, selon les projections de l’Onu. Bombe à retardement ou réelle opportunité pour le continent ? « C’est une chance qu’il faut savoir exploiter », selon le démographe burkinabé Jean-François Kobiané, professeur associé à l’université d’Ouagadougou et de Montréal.

Économie en berne, instabilité politique, système éducatif à la peine… Toutes les régions d’Afrique ne sont pas armées de la même manière pour accueillir cette jeunesse qui se profile en masse. Dans le centre et dans l’ouest, l’indice de fécondité est encore élevé, autour de cinq enfants par femme, et la mortalité infantile est en baisse depuis le début des années 1990.

Création d’emplois

Le résultat ? Des taux de croissance de population qui dépassent souvent les 3 % par an. Au Niger par exemple, la population va augmenter de 4 % en 2017. La France atteindra péniblement 0,4 %. « En Afrique australe, en revanche, les niveaux de croissance sont assez faibles, ajoute le professeur. Dans ces pays, les politiques de santé et l’accès aux méthodes de contraception sont développés depuis plus longtemps. »

La situation varie aussi à l’intérieur d’un même pays. « Lorsque la fécondité reste élevée, il y a une différence entre la capitale, les villes intermédiaires et la campagne », assure le démographe. Logement plus cher, éducation plus développée, fin du travail agricole, et donc du besoin de bras, sont autant « de facteurs qui mènent à la baisse de la fécondité ».

Afin d’assurer un avenir professionnel à la jeunesse, le démographe cible le rôle primordial des marchés financiers. « Ils ne sont pas très développés en Afrique, ce qui rend l’accès au crédit très difficile. Il est pourtant nécessaire à l’investissement et à la création d’emplois. » Le Maghreb dispose déjà d’une population où les personnes actives sont plus nombreuses que les personnes dépendantes, enfants et retraités. Une situation d’ordinaire favorable à l’économie. Pourtant, les effets bénéfiques tardent à se faire sentir. « Ils n’ont pas les structures économiques nécessaires pour accueillir la jeunesse », assure le démographe.

Sans débouchés à offrir, il sera difficile d’éviter « une accélération des migrations intra-africaines », qui concernent déjà près de 16 millions d’Africains, soit 80 % des migrations du continent.

 

Walfnet

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