jeux de hasard et d'argent

Depuis plusieurs mois, une situation déplorable prend de plus en plus d’ampleur auprès des adolescents : les jeux de hasard et d’argent, en l’occurrence le Pari foot. Ce jeu, initié par la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), s’avère un véritable gagne-pain pour une jeunesse ébranlée, du fait de la précarité de la vie quotidienne et du chômage. Mais, a priori, ces jeux ne montrent pas leur pouvoir de destruction de la jeunesse qui s’y adonne au sein de la société qui devrait orienter ses forces vives au travail.

Autrefois, le Pari mutuel urbain (PMU) représentait le jeu de probabilité de la LONASE le plus connu. Ce jeu de prédiction, monnayé sur les résultats de courses de chevaux, s’adressait aux adultes et aux personnes âgées. Aujourd’hui, le pari est malheureusement devenu l’opium d’une partie de la jeunesse. Conscient que le football est un appât pour cette clientèle, la LONASE a décidé de parier sur le foot. C’est le phénomène Pari foot.

Chaque jour, les jeunes envahissent les kiosques de la LONASE et les Games-centers, en pleine expansion dans les rues de Dakar. L’enjeu se veut de parier sur les matchs de football des championnats se déroulant aux quatre coins du monde, dans l’espoir de remporter une mise, aussi minime soit-elle, pour subvenir à leurs besoins. Un phénomène inquiétant qui tient en haleine la plupart des adolescents.

Dans ces endroits, il y est inscrit : « Interdit aux -18 ans ». Toutefois, le constat révèle que cette mesure est complètement bafouée. Un tour sur les lieux a démontré qu’il n’y a aucun contrôle sur l’âge des parieurs et que des mineurs les fréquentent régulièrement.  À cet effet, Baba, 17 ans, témoigne :

« Je rentre dans ce Game-center quand et comme je veux. Ici les vendeurs ne se préoccupent pas de ça, tout ce qui les intéressent c’est l’argent que tu vas miser ».

La croissance du jeu dans les villes du Sénégal donne lieu à de véritables préoccupations. L’addiction à celui-ci peut avoir de graves conséquences sur ces jeunes, mais toucher également les membres de leur entourage ainsi que la société :

  • troubles de santé mentale (anxiété, symptômes dépressifs);
  • baisse des résultats scolaires ;
  • perturbations ou bris des relations familiales et sociales ;
  • problèmes financiers (emprunt, vol, dette) ;
  • participations à des activités illicites, dont la consommation de drogues et d’alcools.

Il importe, en vérité, d’endiguer ce fléau en sensibilisant les jeunes, et ce, à tous les niveaux : gouvernemental, parental, scolaire, etc., afin de les protéger. A l’évidence, ils ne savent pas que le poisson peut devenir un poison.