Implantation de l’UCAO à Coubalan

Le clergé catholique peut désormais compter sur les imams et oulémas du Kalounaye, dans sa croisade contre une partie des populations qui s’agite contre l’implantation de l’Université catholique de l’Afrique de l’ouest (Ucao) à Coubalan. Samedi, ces chefs religieux ont été la tête d’une marche, pour apporter leur caution au projet.

C’est un véritable désaveu que les imams et oulémas du Kalounaye ont opposé aux détracteurs de l’Université catholique de l’Afrique de l’ouest (Ucao). Ces derniers sont vus comme des fauteurs de trouble par les guides religieux. Ces sentiments ont été exprimés, samedi dernier, au cours d’une marche initiée par le Khalife général de cette localité du département de Bignona. L’attitude des plaignants a, en réalité, fini par indigner certaines populations qui ne semblent pas comprendre les réactions négatives qui se sont traduites par des marches de protestation contre l’implantation de l’Ucao, à Coubalan. Samedi, il y avait foule immense sur la boucle qui dessert cette zone. Une mobilisation à la hauteur de l’engagement des imams et des oulémas aux côtés de l’Eglise. Dans le mémorandum remis au maire de ladite localité, les marcheurs sont revenus sur les péripéties qui ont abouti à ce projet. Et c’était pour faire remarquer le caractère légal de tous les actes posés depuis le début du processus. Le porte-parole des marcheurs a exprimé l’indignation de la population, devant certains propos qui assimilent Coubalan à la Palestine occupée. De la part de ces détracteurs, Ibrahima Sané soupçonne une mauvaise foi dont la finalité est de déstabiliser Kalounaye. A l’en croire, l’attribution des terres concernées a pourtant été faite conformément aux dispositions de la loi, et aussi, la surface de 80 hectares attribuées à l’Eglise est jugée conforme aux besoins du projet. Qui plus est, le protocole signé en 2016 avec les représentants des familles qui exploitaient initialement les terres ne remet en cause ni la surface attribuée, ni la destination et la collaboration future avec l’Ucao, selon toujours Ibrahima Sané.

Les populations du Kalounaye rejettent donc «les tentatives de manipulation et les propos irrespectueux prêtant à l’Eglise une volonté d’accaparer les terres, alors que l’affectation de celles-ci, par le Conseil rural, avait été faite en bonne et due forme par feu Monseigneur Maixent Coly, évêque de Ziguinchor». Elles s’insurgent aussi contre «les opérations tendant à décrédibiliser les élus locaux et les acteurs de développement, l’installation d’un climat délétère qui pourrait compromettre durablement le fonctionnement de l’Ucao dans la paix, conformément aux vœux des pères fondateurs». Les habitants du Kalounaye demandent, par conséquent, à l’Etat d’apporter un soutien pour la préservation du caractère privé du site de l’Ucao. Pour la prise en charge de toutes ces préoccupations, les imams et oulémas de Kalounaye, par la voie du porte-parole du jour, sollicitent l’implication de tous, notamment des populations, de l’Ucao, des autorités, des parties garantes, pour préserver cet outil. Aux réfractaires, il est demandé un examen de conscience pour une adhésion massive, afin de préserver la stabilité. De toute façon, l’autorité municipale reste ferme sur la question : «Aucun débordement ne sera toléré». Pour Abdoulaye Diédhiou, il s’agit là d’une initiative de paix «qui rappelle que le Kalounaye est un et indivisible, que le Kalounaye est une zone de paix et que tout acteur qui s’agite, pour troubler cette paix, va retrouver le Kalounaye dans son unité face à ce trouble pour que la paix revienne dans notre localité». Pour cela, les imams et oulémas du Kalounaye restent mobilisés. Outre la marche de samedi, ils ont procédé, auparavant, à un récital de Coran pour bénir le projet et maudire toute tentative de déstabilisation.