logiciel CCleaner/Il pirate son université pour avoir de meilleures notes

Trevor Graves, 22 ans, a été démasqué par le FBI après une très longue enquête. Il encourt entre 10 et 20 ans de prison.

Cet ex-étudiant de l’université américaine de l’Iowa est considéré comme un “crack”. Pas grâce à son travail assidu, mais parce qu’il a réussi à pirater le système informatique de sa faculté. Trevor Graves, aujourd’hui âgé de 22 ans, a finalement été démasqué -et arrêté- par le FBI, que la faculté avait appelé à la rescousse, raconte, fin octobre, le New York Times.

L’apprenti pirate avait réussi à subtiliser les identifiants et mots de passe de ses professeurs en installant des keyloggers –des logiciels espions qui permettent d’enregistrer tout ce que tapent les utilisateurs sur leurs claviers- sur les ordinateurs de l’université entre mars 2015 et décembre 2016. Un stratagème qui lui a permis d’accéder aux comptes mails des professeurs -qui s’échangeaient des informations croustillantes sur les épreuves à venir-, mais aussi à la base de données interne où les notes des élèves étaient accessibles… et modifiables.

90 notes changées

Et le jeune homme ne s’est pas privé d’en abuser. En 21 mois, il a non seulement modifié ses notes plus de 90 fois, mais il a aussi changé celle d’au moins 5 camarades. Selon un étudiant qui a vendu la mèche au FBI, Trevors Graves aurait même partagé des copies d’une douzaine d’examens avant qu’ils ne se déroulent. Les étudiants auraient accepté “parce qu’ils savaient que Graves donnaient ces copies à d’autres étudiants, et qu’ils ne voulaient pas qu’ils aient de meilleures notes qu’eux”.

Des agissements peu discrets, puisqu’un professeur de la faculté s’est finalement rendu compte que des individus “non-autorisés” avaient visiblement tripatouillé leur système et changé “sans autorisation” de nombreuses notes de l’étudiant pirate. La police du campus universitaire avait alors lancé une enquête, rapidement reprise en main par le FBI.

“59 000 euros” de préjudice

Trevor Graves a été arrêté moins d’un an plus tard, le mardi 26 octobre 2017 à Denver. Dans son appartement, les enquêteurs ont retrouvé les fameux keyloggers, des téléphones portables, mais aussi des clefs USB qui contenaient certaines copies d’examens. Ils ont même retrouvé sur l’un des téléphones portables, une capture d’écran montrant le compte email d’un professeur, et plus particulièrement un mail avec une pièce-jointe intitulée “examen”.

Peu prudent, Trevor Graves avait même envoyé des messages à plusieurs autres étudiants dans lesquels il expliquait comment il s’était introduit en douce dans les salles de classe pour installer et récupérer ses logiciels espions -disponibles dans le commerce pour 50 dollars, soit 43 euros- précise le New York Times.

Les responsables de l’université auraient dépensé près 59 000 euros pour enquêter sur l’origine de la brèche et renforcer les protections de leur système informatique, a indiqué le FBI. Trevor Graves est à présent poursuivi pour avoir accédé intentionnellement à un système informatique sans autorisation pour obtenir des informations et d’avoir sciemment diffusé un programme informatique pour provoquer des dégâts. Deux chefs d’accusation passibles de 10 ans de prison au maximum.

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