Parution d'une nouvelle collection des Mémoires/Parution des Mémoires de l'IFAN Ch. A. Diop

IFAN deuxième atelier-colloque d’hiver du GIERSA sur les “Nouvelles dynamiques familiales en Afrique “, 18-20 décembre 2016, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal.

Contexte :

La famille est assurément l’institution microsociale qui a connu les transformations les plus importantes au cours des dernières décennies en Afrique sub-saharienne. Dans un contexte  de bouleversements politiques, économiques, sociaux et culturels importants, les structures et configurations familiales changent et la nature des liens conjugaux et familiaux, tout comme la place et le statut des individus au sein des familles, se redéfinissent.  Les politiques familiales, telles que les réformes du Code de la famille, les changements législatifs dans les domaines de la filiation, de l’héritage, ou du mariage tout comme les mots d’ordre des bailleurs de fonds internationaux et les programmes des ONG dans le domaine des droits des  femmes et des enfants, mais aussi les violentes controverses que ces réformes ont suscitées constituent la toile  de fond des nouvelles dynamiques familiales observées en Afrique.

L’exemple du processus de constitution de la famille illustre bien les transformations en cours. Bien que le mariage demeure quasi-universel et très valorisé dans l’ensemble des pays africains, et l’entrée en union se fait toujours à des âges relativement bas sur le continent, on observe un net recul de l’âge au mariage, notamment dans les villes, et l’émergence de nouvelles formes de conjugalité. Sous l’effet conjugué de la montée de la scolarisation, la croissance urbaine, mais aussi la crise économique des années 1980/1990, le calendrier et les modalités d’entrée en union se sont, en effet, grandement modifiés. Plus tardive, la première union change aussi de visage et le phénomène de cohabitation informelle se développe parmi les jeunes générations, particulièrement dans les villes. Le mariage s’individualise aussi peu à peu alors que l’autorité des aînés sur les choix matrimoniaux de leurs cadets décline et  que les jeunes citadins, plus scolarisés, choisissent leur futur époux et n’hésitent pas à contourner les normes matrimoniales ou à les instrumentaliser pour imposer ce choix à leur famille. Bref, sur les marchés matrimoniaux africains, les acteurs et actrices développent des stratégies qui se bricolent entre individualisme et communautarisme, puisant dans la continuité des règles dites traditionnelles tout en étant influencé par de nouveaux modèles de réussite individuelle, conjugale et familiale que véhiculent notamment les médias et la culture populaire mondialisée, dont les jeunes générations sont particulièrement friands.  Non seulement le mariage n’est plus le cadre exclusif de l’initiation de l’activité sexuelle mais les unions non-maritales constituent également le contexte de naissance et de vie d’un nombre croissant d’enfants. Ces transformations affectent des relations familiales entre adultes en particulièrement entre conjoints mais aussi celles entre adultes et enfants. La question de la reconnaissance et du statut social des enfants nés au sein de ces unions informelles se pose notamment.

Par ailleurs, avec la précarisation de l’emploi masculin, mais aussi de montée de la scolarisation féminine, une nouvelle division sexuelle et familiale des tâches pourrait se dessiner au sein des familles. Les femmes multiplient les activités économiques dans le secteur informel de l’économie et contribuent de façon croissante aux revenus des ménages. Cette féminisation du marché de l’emploi, conjuguée à de nouvelles aspirations féminines, bouleverse les rapports de pouvoir au sein des ménages et des couples. La féminisation des flux migratoires et l’augmentation des migrations féminines de travail contribuent aussi à ces changements dans les rôles et responsabilités genrés au sein des ménages.   Plus largement, les nouvelles dynamiques migratoires et l’intensification des migrations internationales vers le Nord notamment modifient les configurations spatiales des familles  africaines.   Depuis les années 90 le prisme de famille « transnationale » ou  « multisituée », s’impose pour réinterroger la conjugalité, la maternité, mais plus largement les liens familiaux et le statut des acteurs (les pères par exemple) au sein des réseaux familiaux.

Dans un contexte où les politiques sociales demeurent limitées, la famille africaine est aussi souvent le premier amortisseur de crise.  Pourtant, les solidarités familiales connaissent depuis plusieurs décennies des reconfigurations importantes.  Solidarités sélectives, recentrage sur la « petite famille », « solidarités à distance »: les pratiques d’entraide au sein de la famille élargie, telles que le soutien matériel et financier, la circulation et le confiage des enfants, le soutien des personnes âgés et l’hébergement des apparentés se transforment et se diversifient, notamment parmi les classes moyennes urbaines.

Objectif

L’objectif de ce 2e atelier-colloque du GIERSA, cette fois en collaboration avec l’IFAN, est de se pencher sur les  changements survenus dans les structures et configurations familiales, la nature des liens entre individus au sein de la famille, mais aussi les nouvelles normes et représentations familiales et conjugales en Afrique. Il s’agira de mettre en exergue les transformations mais aussi les continuités et les résistances éventuelles face à ces changements, tout comme les différences observées dans les dynamiques familiales selon les groupes sociaux (urbains/ruraux notamment). Pour ce faire, un regard pluridisciplinaire s’impose et l’atelier vise à croiser les contributions des démographes, sociologues, anthropologues, historiens, politistes et juristes.

 

Les Ateliers-colloques d’hiver du GIERSA sont organisés conjointement avec les institutions de rattachement en Afrique des membres collaborateurs.  Le premier de ces Ateliers-colloques a été organisé avec l’Institut des Relations Internationales et des Études Stratégiques (IRIES) au Bénin et s’est tenu à Cotonou du 7 au 9 décembre 2015 sur le thème «La légitimité de l’État africain dans un contexte de co-production de la gouvernance».

Programme provisoire

 

DIMANCHE 18 DÉCEMBRE 2016

8h30-9h00 : Accueil et installation des participantes et participants

9h00- 9h30.  Ouverture de l’atelier-colloque

Fatou Binetou Dial (IFAN-UCAD), Mamadou Dimé (Département de sociologie de l’Université Gaston Berger) et Richard Marcoux (GIERSA, Université Laval)

Hamady Bocoum, Directeur de recherche, Directeur de l’IFAN Cheikh Anta Diop

 

9h30-9h45. Pause café

 

9h45-12h00.  Séance 1. Nouvelles  structures et configurations familiales

Président de séance : Mamadou Dimé, (Université Gaston Berger)

 

Valérie Delaunay  (IRD/LPED Université Aix-Marseille)

« La monoparentalité en Afrique : une réalité complexe. Analyse comparative Bénin, Burkina Faso et Togo »

Madeleine Wayack Pambé, (ISSP/ Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo), Laure Moguérou (INED) et Madon Awissi  (ISSP/ Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo) « Perceptions et vécus d’une situation atypique : femmes cheffes de ménage célibataires à Dakar et Ouagadougou »

Doris Bonnet (UMR CEPED, IRD-Université Paris-Descartes)

« Les effets du recours à la procréation médicale sur la famille en Afrique subsaharienne »

Anne Attané (IRD/LPED Université Aix-Marseille)

«  Nouveaux pères au Burkina Faso?»

 

12h00-13h30– Pause déjeuner

 

13h30-15h45. Séance 2. Politiques familiales, droits de la famille et média

Président de séance :  Mamoudou Gazibo (GIERSA, Université de Montréal)

Marième Ndiaye (CNRS)

« L’application du droit de la famille au prisme du genre. Les exemples du divorce et de la succession »

Ousmane Koné (Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako)

« L’influence des acteurs religieux dans le processus d’élaboration du code des personnes et de la famille au Mali ».

Charles  Moumouni  (GIERSA, Université Laval)

« La réglementation des médias et la protection de la famille en Afrique»

Bob White (GIERSA, Université de Montréal)

« Sabido et les valeurs familiales: Analyse critique de la communication pour le développement en Afrique »

15h45-16h00 Pause Café

16h00- 17h45.  Séance 4.  Travail des femmes et rapports de genre

Président de séance :  Émilien Kokou Vignikin, URD, Université de Lomé

 

Lesley Braun, (Université de Montréal)

« Débrouillez-Vous’: Le travail des femmes et la politique des réseaux sociaux à Kinshasa »

Sadio Ba Gning (Université Gaston Berger)

«Femmes dirigeantes de l’économie sociale : la construction des exceptions »

Rosalie Diop (Université Cheikh Anta Diop)

« Les violences basées sur le genre au Sénégal »

 

LUNDI 19 DÉCEMBRE 2016

08h30-10h45.  Séance 5.  Articulation travail/famille et  rapports de genre

Président de séance Charles Moumouni, GIERSA, Université Laval

Agnès Adjamagbo (IRD/LPED Université Aix-Marseille)

« Articulation travail/famille dans les grandes villes : enjeux et vécus à partir de l’exemple de Cotonou »

Mélanie Jacquemin (IRD-Dakar), Laure Moguérou (INED), Awa Diop (IRD-Dakar)

« C’est elle qui doit tout gérer ». Articulation vie familiale/vie professionnelle des femmes à Dakar : invariants lourds, changements légers »

Bilampoa Gnoumou Thiombiano (ISSP/ Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo)

« Famille et travail en milieu urbain : un défi pour les femmes à Ouagadougou»

Ayemi Lawani (Université de Lomé)

« Comment concilier devoir familial et responsabilités professionnelles?  Étude des femmes activistes au sein des sociétés civiles de Cotonou et de Lomé. »

 

10h45 -11h00– Pause café

 

11h00- 12h45. Séance 5. Cycle de vie et évènements familiaux

Président de séance : Sadio Ba Gning (Université Gaston Berger)

 

Fatoumata Ouattara (IRD/LPED,  Université Aix-Marseille)

« La famille autour de l’accouchement. Qu’est-ce qui fait bouger les hommes et les femmes à la maternité? »

Anne Calvès  (GIERSA, Université de Montréal)

« Nouvelles dynamiques de formation de la famille chez les jeunes citadins : enseignements de l’enquête  biographique « Devenir Parent à Ouagadougou »

Philippe Antoine (UMR CEPED-IRD-Université Paris Descartes)

« Polygamie et pyramides : une visualisation de la démographie de la polygamie »

 

12h45-14h15– Pause déjeuner

 

14h15-16h00  Séance 6. Enfants, ainés et rapports intergénérationnels

Président de séance : Rosalie Diop, Université Cheikh Anta Diop

 

Hannah Hoechner (CeMIS,University of Antwerp)

« Contre-courants migratoires : l’éducation des enfants d’émigrés sénégalais à Dakar ».

 

Nathalie Sawadogo et Fiacre Bazié  (ISSP/ Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo)

« Socialisation des filles et garçons en milieu urbain africain : une analyse des postures et normes transmises par les pères et mères au sein de ménages à Ouagadougou »

Moussa Bougma (ISSP/ Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo)

« Aspirations scolaires des pères valent-elles celles des mères? Les enseignements d¹une double collecte dans les quartiers périphériques de Ouagadougou ».

 

Fatou Binetou Dial  (IFAN-UCAD)

« La prise en charge médico-sociale des personnes âgées au Sénégal »

 

16h-16h30 Mots de la fin et clôture (Fatou Binetou Dial, Richard Marcoux, Anne Calvès)

 

MARDI 20 DÉCEMBRE 2016

 

Journée consacrée aux présentations des étudiantes et étudiants membres du GIERSA ainsi que celles et ceux de l’École doctorale ETHOS de l’UCAD

 

Les étudiants de l’École doctorale ETHOS de l’UCAD

  • Liste à venir

 

 

Jeunes chercheurs et étudiants participants du GIERSA

  • Catherine D’Avignon, Université de Montréal
  • Iris Ntore, Université Laval
  • Maude Jodoin Lavallée, Université de Montréal
  • Honorine Sawadogo, Université Laval

 

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Alassane

Est un géographe de formation qui s’intéresse aux questions de gouvernance urbaine et de participation citoyenne. Il s’active également au sein du Journal Universitaire où il est à la fois éditeur et reporter pour partager les opportunités et les “bonnes nouvelles” qui émanent des universités et écoles de formation.