Jusqu’à dix personnes ont été tuées et plus de 20 blessées jeudi lors d’une fusillade dans une université de l’État américain de l’Oregon, selon des autorités locales citées par les médias, la police ayant annoncé la mort du tireur. “Le tireur est mort”, a déclaré le shérif du comté local, John Hanlin, lors d’une conférence de presse, sans toutefois confirmer le bilan d’une dizaine de morts et de 20 blessés donné par les médias. En arrivant sur le campus, les agents ont localisé le suspect, “il y a eu un échange de coups de feu”, a-t-il précisé.

“Il s’agit d’un homme de 20 ans”, a affirmé la gouverneure de cet état du nord-ouest des États-Unis, Kate Brown, lors d’un autre point presse. Elle a confirmé qu’il y avait des morts et des blessés mais sans en donner le nombre. Le tireur a méthodiquement tiré sur ses victimes, passant d’une salle de cours à l’autre de l’université d’Umpqua, selon les médias locaux. Le campus est installé dans une région rurale, vivant principalement de l’exploitation du bois, qui a été profondément ébranlée par le massacre, a témoigné John Hanlin.

“Nous avons été alertés sur une possible fusillade à l’université d’Umpqua vers 10 h 38”, a précisé la police locale sur son compte Twitter. “Nous n’avons pas encore de bilan (…), je crains que ça ne soit proche” du chiffre de dix morts et 20 blessés graves, a témoigné sur CNN le sergent Aaron Dunba, un policier du bureau du shérif de la ville de Roseburg, située non loin de l’université.

“Quelqu’un tire sur le campus”

Au moins vingt personnes sont dans un état critique, dont une femme qui a été touchée à la poitrine, selon des médias. Le campus universitaire, où étudient quelque 3 000 personnes, a été évacué et bouclé, pompiers, police et parents inquiets se précipitant sur les lieux dès les premières rumeurs qu’une tuerie avait eu lieu. Onze blessés ont été évacués mais deux sont morts ensuite, a indiqué un responsable des pompiers du comté de Douglas, Ray Shoufler. La police a fouillé les étudiants à leur sortie du campus, à la recherche d’éventuels complices et d’armes. Puis ils ont été évacués en bus.

“Hé, je vais bien. Physiquement. On nous emmène en bus hors du campus”, a témoigné sur Twitter une étudiante, Kayla Marie. “Oh mon dieu, quelqu’un tire sur le campus” et “Les étudiants courent partout. Mon Dieu”, avait-elle écrit une heure plus tôt. “Tout le monde s’est précipité sur les lieux. Nous avons toujours des dizaines d’agents là-bas. Ils sont en train de fouiller toute l’université. C’est un campus rural donc il y a 12 ou 15 immeubles et ils doivent procéder salle par salle, immeuble par immeuble, et s’assurer que toutes les installations sont sûres”, a expliqué le sergent Aaron Dunbar. Le tueur aurait posté un message sur les réseaux sociaux avant la fusillade, selon plusieurs médias.

Le président Barack Obama a été informé du déroulement des événements par sa conseillère en sécurité intérieure et a demandé à rester informé régulièrement, a indiqué un responsable de l’administration américaine.

Un durcissement de la législation

Les fusillades sont très fréquentes dans les lycées et universités aux États-Unis : l’une d’elles avait déjà eu lieu dans un lycée du Dakota du sud mercredi faisant un blessé et une autre début septembre dans une université de Sacramento avait fait un mort et deux blessés. Le 16 avril 2007, un étudiant de 23 ans avait tué 32 personnes avant de se donner la mort sur le campus de l’université de Virginia Tech, à Blacksburg (Virginie). C’est la pire fusillade de l’histoire du pays en temps de paix.

Plus récemment, un jeune homme de 20 ans avait massacré 26 personnes, dont 20 enfants, dans l’école de Sandy Hook à Newtown (Connecticut), le 14 décembre 2012. Dans une Amérique choquée par la mort des écoliers, Barack Obama avait alors tenté, en vain, de pousser vers un durcissement de la législation sur les armes.

En août, le meurtre en direct à la télévision de deux journalistes, abattus par un ancien collègue, avait une nouvelle fois réveillé le débat sur le contrôle des armes à feu dans le pays. Mais sans provoquer de changement.

Lepoint.fr