La technologie de pointe aux Jeux Olympiques de Rio 2016

Caméras volantes, réalité virtuelle, bracelets intégrant des solutions de paiement… Les Jeux de Rio 2016 font la part belle aux nouvelles technologies.

À l’occasion des Jeux Olympiques, Juliette Hirtz, Tristan Lebleu et Roman Navalpotro, salariés de NUMA, un incubateur de start-up, vous font découvrir le paysage entrepreneurial de Rio de Janeiro. NUMA soutient les entrepreneurs à travers des programmes d’accélération, des projets d’open innovation pour grands groupes, des événements et espaces de coworking gratuits, à Paris et à travers le monde.

Plus vite, plus haut, plus fort. La devise olympique s’applique aussi bien au sport qu’aux technologies présentes dans les coulisses des Jeux de Rio 2016. Le coût global des technologies de l’information mises au service des JO atteint presque 1,5 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros), soit 20% du budget global de l’organisation. Elles sont utilisées aussi bien pour sublimer la performance des athlètes que pour enrichir l’expérience des spectateurs.

Le Centro de Operações Rio (COR, «centre des opérations de Rio») est en charge d’assurer la sécurité en suivant l’activité de la ville tous les jours, 24 heures sur 24. Le centre s’appuie sur des solutions bien connues du grand public, comme Google Maps et Waze. Le COR recueille également les images de 560 caméras installées dans toute la ville dont quatre caméras volantes WAMI (Wide Area Motion Imagery), utilisée jusqu’ici uniquement par l’armée américaine, et qui permettent de fournir une image en temps réel de la ville entière. Toutes ces données sont analysables dans la salle de contrôle sur un pan de mur vidéo de 80 mètres carrés… Pas encore Minority Report mais on s’en approche!

Toutes les données gérées en cloud

Deuxième poumon du dispositif Rio 2016, le Centro de Operações Tecnológicas (TOC, centre des opérations technologiques) a en charge le contrôle de l’ensemble des technologies directement en lien avec les épreuves et les infrastructures olympiques. Pour la première fois de l’histoire des Jeux, la gestion de ces données est assurée en cloud, ce qui réduit drastiquement les besoins en serveurs. À titre de comparaison, les Jeux de Londres avaient requis plus de 700 serveurs, alors que ceux de Rio n’en mobilisent que 250.

Outre le cloud, la réalité virtuelle fait elle aussi son entrée olympique. OBS (Olympic Broadcasting Services), responsable de la production et diffusion des images de Rio 2016, produit pour la première fois des images haute définition en réalité virtuelle, qui sont retransmises par NBC, le diffuseur américain. Bien que l’on parle de 85 heures de programme, celles-ci ne sont visibles que sur les appareils Samsung, partenaire officiel de l’événement, et uniquement pour les abonnés à NBC… Il faudra attendre les Jeux de Tokyo en 2020 pour en voir un usage massif.

Dans les arènes olympiques, les 4000 points de ventes sont équipés en NFC (communication en champ proche). Visa, lui aussi partenaire officiel, a distribué près de 3000 bracelets et même des «bagues de paiement» à une quarantaine d’athlètes -une façon originale de tester un nouveau produit et voir les usages qui en découlent.

Des objets connectés partout

On connaît la tendance du tout connecté, on trouve donc quelques initiatives dans cette lignée: un GPS embarqué dans les canoës-kayaks qui permet aux spectateurs de suivre en temps réel la position des athlètes et leur vitesse; une cible connectée au tir à l’arc permet de donner aux juges les résultats immédiatement. En cas de doute, le dispositif permet de mesurer la distance séparant les flèches du centre et de désigner un vainqueur. En pentathlon moderne, les athlètes, qui disputent notamment une épreuve de tir au pistolet (laser), sont désormais équipés d’une application leur indiquant, ainsi qu’à leur coach, la position exacte de leur tir. Un compteur électronique est installé dans les lignes d’eau sur les longues distances de natation (800 mètres, 1500 mètres) pour rappeler aux nageurs la distance déjà parcourue.

Cette 31ème édition des Jeux olympiques est donc résolument connectée. Mais pour répondre aux besoins technologiques d’un événement d’une telle ampleur, difficile pour les start-up de se faire une place parmi les géants des nouvelles technologies.

lefigaro.fr