
À l’Université Iba Der Thiam de Thiès, désaccord sur la gouvernance
À l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT), le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) et le rectorat défendent des lectures différentes de la gestion des ressources et du partage des responsabilités. Les échanges portent notamment sur les recrutements, les responsables de filières et les recettes du domaine agricole.
Le SAES demande des éclaircissements sur les ressources
Lors d’une rencontre avec la presse le 5 novembre 2026, Moussa Dia, coordonnateur du SAES sur le campus de Thiès, a évoqué les 50 postes attribués à l’UIDT par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et les 29 postes qui, selon lui, s’y seraient ajoutés après le départ de l’École nationale supérieure d’agriculture (ENSA). Il estime que le total atteint 79 postes et demande des précisions sur les ressources correspondantes ainsi que sur les fonds laissés par l’ENSA.
Le syndicat s’interroge aussi sur les recettes du domaine agricole de l’université et réclame un audit. Il relie ces demandes aux besoins des établissements, citant le manque d’infrastructures pédagogiques et de bureaux pour les enseignants, ainsi que des salles de cours inadaptées. Ces éléments constituent les préoccupations exprimées par le SAES.
Le syndicat conteste également une annexe ajoutée, selon Moussa Dia, aux contrats de recrutement des nouveaux enseignants pour préciser les enseignements à assurer. Il critique le rejet de certaines heures complémentaires et l’absence, à ses yeux, d’un cadre de concertation sur les conditions de travail et la rémunération des responsables de filières. Il demande l’intervention du ministre de tutelle et prévient que des actions syndicales pourraient suivre.
Le rectorat renvoie aux conseils d’établissement
Le recteur Babacar Diagne s’appuie sur l’article 52 du décret n° 2021-1504 du 16 novembre 2021, qui organise le fonctionnement de l’UIDT. Selon sa lecture du texte, les responsables de filières sont nommés sur proposition du département, après avis du conseil d’établissement. Il considère que cette question relève donc des établissements et non d’une négociation menée par le rectorat.
Le recteur indique que le sujet a été abordé lors d’un conseil académique tenu en juillet, en présence des directeurs d’établissement. Il affirme que ceux-ci prennent en charge les préoccupations exprimées. Le désaccord porte ainsi sur le rôle du rectorat dans la concertation et sur les instances compétentes pour traiter les conditions des responsables de filières.
Domaine agricole : deux lectures de la gestion des recettes
Babacar Diagne présente le domaine agricole comme un projet de diversification des ressources de l’université, inscrit dans son programme de gouvernance. Nommé recteur en mai 2023, il indique avoir présenté ce programme au conseil d’administration en juillet de la même année. Le projet, initialement envisagé avec l’ENSA, a été maintenu après le départ de l’école de l’UIDT en décembre 2023.
Concernant les recettes, le recteur affirme qu’elles sont collectées par un régisseur habilité, puis reversées dans les comptes de l’université conformément aux procédures de la comptabilité publique. Il précise qu’elles sont intégrées au budget général et ne sont donc pas nécessairement réservées au seul domaine agricole.
Le SAES demande, pour sa part, que le circuit de ces fonds soit examiné. Le débat sur la gouvernance de l’UIDT touche ainsi à la fois à la répartition des compétences entre le rectorat et les établissements et à la manière dont les ressources et les décisions sont rendues lisibles.
Références : enqueteplus.com · crousuam.sn
