
Gouvernance universitaire : le SAES demande une réforme des règles d’évaluation
Réunis le 24 octobre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, les responsables du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) ont mis en cause plusieurs choix qui, selon eux, pèsent sur le fonctionnement des universités publiques. Leurs demandes portent notamment sur la réforme des textes de gouvernance universitaire et sur les critères d’évaluation des enseignants-chercheurs dans l’espace du CAMES.
Des règles universitaires dont la réforme est en suspens
Le SAES déplore l’arrêt du processus de révision des textes encadrant la gouvernance des universités. Le syndicat souhaite également que progressent les discussions sur le financement de la recherche et sur la retraite des enseignants-chercheurs étrangers.
Ces sujets touchent à des décisions structurantes : la répartition des responsabilités, les moyens consacrés à la recherche et les conditions d’exercice des personnels. Le syndicat estime que l’absence d’avancée sur ces dossiers entretient les difficultés des établissements. La source ne fait toutefois état d’aucune décision nouvelle des autorités sur la reprise ou le calendrier de ces réformes.
Le CAMES au centre du débat sur l’évaluation
Une autre préoccupation concerne le guide d’évaluation 2024-2028 du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur. Le SAES demande au gouvernement de faire valoir auprès du CAMES l’engagement de révision qu’il rattache au protocole d’accord du 6 janvier 2023.
Le syndicat conteste le relèvement des exigences de publication scientifique et l’obligation, qu’il attribue au guide, d’être premier auteur dans les deux tiers des articles. À ses yeux, ces critères accordent trop de poids au nombre de publications et risquent de compliquer les travaux collectifs ou pluridisciplinaires. Il critique aussi la reconnaissance de certains diplômes délivrés par l’État sénégalais avant 2012 dans les procédures d’évaluation.
Ces appréciations sont celles du SAES. Le syndicat affirme par ailleurs qu’un nouveau guide pourrait durcir les critères, notamment avec des exigences de publication dans des revues indexées à partir de 2027 pour plusieurs disciplines. Cette évolution reste présentée comme une possibilité rapportée par le syndicat, et non comme une mesure déjà adoptée.
Une inquiétude liée aux recrutements et à l’encadrement
Le débat sur l’évaluation s’inscrit, selon le SAES, dans un contexte de tensions sur les effectifs et les moyens. Le syndicat évoque le gel du recrutement d’une deuxième vague de 500 enseignants-chercheurs, prévue dans un engagement gouvernemental portant sur 1 500 postes en trois ans. Il met également en cause la rémunération des enseignants vacataires et estime que leur place importante dans les équipes rend ces conditions déterminantes pour les universités.
Le SAES avance qu’à l’horizon 2035, 45 % des professeurs devraient partir à la retraite. Il redoute qu’une application de critères qu’il juge inadaptés réduise le nombre de candidatures recevables et fragilise les capacités d’encadrement. Ces projections et leurs conséquences sont celles du syndicat.
Une mobilisation encore envisagée
Le SAES n’exclut pas de déposer un préavis de grève pour obtenir une réforme du système d’évaluation et la mise en place de listes nationales indépendantes. Il prévoit une nouvelle étape le 7 novembre 2026, lors de sa Conférence nationale des sections à Ziguinchor, où ses membres doivent examiner la situation et définir les suites à donner.
L’enjeu dépasse donc un différend sur des critères académiques. Il concerne la manière dont sont fixées les règles d’évaluation, la place des autorités nationales dans leur discussion et les effets possibles de ces règles sur les carrières et l’organisation de la recherche. À ce stade, les positions rapportées sont celles du SAES ; aucun accord ou arbitrage ultérieur n’est mentionné dans la source.
Références : ambassadesenegal.be · seneweb.com


