Les enseignants du G7 ont dénoncé, lors d’une conférence de presse hier, le recrutement prévu de 2 527 enseignants pour la prochaine année scolaire, qu’ils jugent réalisé sans concertation avec les syndicats représentatifs du secteur éducatif.
Le procédé pour enrôler les 2 527 enseignants dès la prochaine rentrée scolaire n’a pas connu l’assentiment des enseignantsaffiliés au G7. En conférence de presse, hier, ils ont dénoncé une démarche solitaire de l’État.
En outre, le G7 affirme qu’il a appris, comme l’ensemble des Sénégalais, « à travers les réseaux sociaux, la décision du gouvernement du Sénégal de procéder à un recrutement spécial de 2 527 enseignants ». C’est pourquoi le groupe des sept syndicats a exprimé « sa profonde indignation face à cette décision prise de manière unilatérale, sans concertation préalable avec les organisations syndicales représentatives du secteur de l’éducation et de la formation ».
Les enseignants affiliés à ce groupe de syndicats soulignent que « depuis quelques années, les recrutements spéciaux, qui devraient rester exceptionnels, tendent malheureusement à devenir la règle : 5 000 enseignants recrutés en 2022, 2 000 en 2024 et 2 527 annoncés en 2026. Cette répétition soulève de sérieuses interrogations sur la planification des besoins en personnel enseignant et sur la politique de recrutement du gouvernement. En effet, ces recrutements effectués hors du circuit normal ne garantissent ni la transparence des procédures ni l’égalité des chances entre les candidats ».
Pour M. Diouf, secrétaire général du Cadre unitaire syndical des enseignantsdu moyen et secondaire du Sénégal (Cusems), cette méthode est partiale. « Le G7 se démarque totalement de ce recrutement spécial et exige du gouvernement un retour à l’orthodoxie en matière de recrutement du personnel enseignant, et, surtout, l’égalité des chances entre tous les citoyens désireux d’embrasser le métier d’enseignant », a indiqué M. Diouf.
Et de continuer pour appeler à la mobilisation de la communauté éducative contre ce projet. « Le G7 appelle l’ensemble des militants de l’école, les organisations syndicales, les acteurs de la société civile ainsi que tous les citoyens attachés à l’avenir de l’éducation nationale à se mobiliser pour défendre une école publique équitable, performante et de qualité. L’avenir de notre nation dépend de la qualité de son système éducatif. Aucun impératif ne saurait donc justifier que l’on sacrifie la formation des enseignants, la transparence des recrutements et l’égalité des chances. C’est à ce prix que notre école pourra retrouver ses lettres de noblesse et remplir pleinement sa mission au service de la République. »
Le Sg du Cusems fait savoir que les problèmes dont souffre le système éducatif sénégalais trouvent leur origine dans certaines politiques de recrutement mises en œuvre par le passé, notamment celles dites des « ailes de dinde », du quota sécuritaire, des volontaires et des vacataires de l’éducation.
Les syndicats soulignent que la résorption du déficit d’enseignants demeure l’une de leurs préoccupations majeures. Mais cela ne saurait justifier le recours à des procédures dérogatoires ni se faire au détriment de la qualité des enseignements-apprentissages.
