Twitter, Facebook, LinkedIn, Instagram… Depuis le 20 décembre, les voyageurs souhaitant se rendre aux Etats-Unis sont «invités» à fournir leurs noms d’utilisateurs sur les réseaux sociaux.

Depuis une semaine, une requête, discrètement ajoutée dans le système électronique d’autorisation de voyage (ESTA) américain, invite les voyageurs se rendant aux Etats-Unis à renseigner leurs noms d’utilisateurs sur les réseaux sociaux, révèle le site d’information Politico. Cette toute nouvelle demande d’information demeure facultative, certes, mais a de quoi étonner quand on connaît l’intransigeance de la douane américaine et le goût de Washington pour la collecte d’informations personnelles.

Les Français concernés

Les voyageurs concernés par cette nouvelle requête sont les ressortissants de 38 pays (dont la France) bénéficiant du programme d’exemption de visa pour un voyage de moins de 90 jours. Ces derniers sont alors contraints d’effectuer une demande en ligne via le système électronique d’autorisation de voyage (ESTA).

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De Twitter à Google+, en passant par Facebook, Instagram ou LinkedIn, l’administration américaine propose donc depuis le 20 décembre de renseigner vos identifiants sur au moins 13 réseaux sociaux. «Cette nouvelle mesure intervient alors que Washington tente d’améliorer sa capacité à cibler et refouler des individus ayant des liens avec des groupes terroristes tel que l’Etat islamique», explique Politico.

Aux Etats-unis les touristes interrogés sur Facebook Twitter LinkedIn
Capture d’écran du formulaire ESTA, en ligne sur www.estausa.com/fr

Issue d’une proposition déposée en juin dernier par le Département américain de la Sécurité intérieure, la nouvelle requête a été durement critiquée outre-Atlantique par des défenseurs des libertés individuelles. La Internet Association, qui représente les intérêts des géants du web américain, associée à des groupes de défense des citoyens, a ainsi tenté de lui faire barrage avant son application. Ces opposants ont dénoncé la menace que cette nouvelle demande fait planer sur la liberté d’expression et sur le respect de la vie privée des étrangers en visite aux Etats-Unis.

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«Il y a très peu de règles qui encadrent la façon dont ces informations sont recueillies, stockées, diffusées à d’autres structures, et il n’existe aucune directive sur la limitation de l’utilisation de ces informations par le gouvernement», note Michael W. Macleod-Ball, de l’antenne de Washington de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), interviewé par Politico.

Inquiétudes pour les voyageurs musulmans

Ces opposants ont pointé du doigt le risque que la nouvelle requête fait peser en particulier sur les voyageurs arabes ou musulmans, «dont les noms d’utilisateur, les posts, les contacts et les réseaux sociaux seront exposés à un examen extrêmement minutieux».

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Et de faire le pari que la plupart des voyageurs concernés rempliront ces champs, pourtant optionnels, de peur de se faire bombarder de questions par les douaniers à leur arrivée sur le sol américain…